Climat: l’Europe préservera un certain flou

Le 10 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Nouveau commissaire à l'action climatique et à l'énergie, Miguel Arias Cañete devra réformer le PEC 2020.
Nouveau commissaire à l'action climatique et à l'énergie, Miguel Arias Cañete devra réformer le PEC 2020.
Commission européenne

Bruxelles devrait présenter à l'ONU une contribution assez floue en mars prochain. La faute à la délicate révision de sa politique "énergie-climat". Et à la latitude que se révervent les diplomates des 28 dans la négociation climatique.

Selon le calendrier prévisionnel des négociations climatiques, les parties à la convention sur le changement climatique doivent adresser leurs contributions à la lutte contre le réchauffement au mois de mars 2015, au plus tard. C’est sur la base de ces engagements volontaires que les diplomates négocieront le texte qui pourrait succéder au protocole de Kyoto; accord qui devrait être conclu lors du sommet climatique de Paris, en décembre 2015, et entrer en vigueur en 2020.

Paquet Energie Climat 2030

La réponse de l’Union européenne est en grande partie connue. Elle est constituée du projet de paquet Energie Climat 2030 (PEC 2030), présenté le 22 janvier dernier par la Commission Barroso. Finalement adopté lors du Conseil européen du 24 octobre, ce train de mesures impose aux 28 d’abattre de 40%, «au moins», leurs émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030.

Pour y parvenir, 27% de l’énergie consommée «à l’horizon 2030» devra obligatoirement être d’origine renouvelable. Toujours à la même échéance incertaine, les 28 devront améliorer de 27% leur efficacité énergétique. Seule différence avec l’objectif précédent: ce dernier n’est pas contraignant. Au fameux 3x20% du PEC 2020 succède le 40, 27, 27 du PEC 2030. Un PEC dont l’ONU devra probablement se contenter.

Imprécisions

La Commission ne pourra (ne voudra) pas donner plus de précisions à ses partenaires. Plusieurs raisons à cela. «La Direction générale de l’énergie regarde actuellement toutes les dispositions du précédent paquet Energie Climat à modifier pour satisfaire aux objectifs du PEC 2030», explique au JDLE Anne Houtman, conseillère principale à la Direction générale de l’énergie. «Ce travail ne sera pas achevé avant la fin du premier semestre 2015», poursuit l’ancienne cheffe de la représentation de la Commission à Paris.

Exercices périlleux et inachevés                    

Certes, la revue de détails juridiques exige une certaine minutie. D’autant qu’elle devra être couplée à la réforme en cours du marché des quotas d’émission (ETS), à la fixation des objectifs nationaux de baisse des émissions de gaz à effet de serre et à la fin annoncée (pour 2018) des aides communautaires à l’exploitation du charbon. Autant d’exercices périlleux et inachevés. Ce flou relatif sur les engagements européens donne aux pays membres de l’UE une certaine marge de manœuvre dans la négociation onusienne. Ce qui devrait s’avérer bien utile.

Car, comme le rappelle Pierre Schellekens, chef de cabinet adjoint du commissaire à l’action pour le climat et à l’énergie, «la plupart des pays de l’ONU n’auront aucun objectif contraignant». Les discussions entre les pays qui devront réduire leur empreinte climatique (ceux de l’annexe 1 du protocole de Kyoto) et les pays qui pourraient faire de même s’annoncent à cet égard très difficiles.



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