Climat : l’Europe n’est pas défavorable au nucléaire

Le 17 juin 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Pour Frans Timmermans, le nucléaire n'est plus compétitif face aux énergies renouvelables.
Pour Frans Timmermans, le nucléaire n'est plus compétitif face aux énergies renouvelables.
DR

Auditionnée par des parlementaires français, Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, en charge du Pacte vert, s’est défendu de toute volonté d’entraver le développement de l’énergie nucléaire.

Il ne sera pas dit que la Commission européenne outrepasse ses responsabilités en matière d’énergie. Auditionné, mercredi 17 juin, par les membres de deux commissions parlementaires françaises, Frans Timmermans a été questionné sur d’éventuelles barrières posées par l’exécutif européen au développement de l’énergie nucléaire en Europe.

«Je n’ai rien contre le nucléaire, a indiqué le commissaire européen désigné au Pacte vert et à la lutte contre le changement climatique, mais il faut faire un calcul économique. Est-ce vraiment raisonnable, si le prix des énergies renouvelables continue de baisser, d’investir dans le nucléaire.»

miser sur l'hydrogène décarboné

L’Europe aimerait surtout, a-t-il insisté, développer les investissements des 27 dans «l’hydrogène propre». La commission von der Leyen doit d’ailleurs présenter sa stratégie en la matière, le 8 juillet, et réviser son projet de taxonomie d’ici la fin de l’année.

Pour Frans Timmermans, l'hydrogène est le seul vecteur énergétique capable de décarboner la production d'acier en Europe. Il propose, à cet égard, de développer des partenariats avec les pays d'Afrique du nord. Ces derniers pourraient produire, à partir d'énergies solaires, de l'hydrogène décarboné qui serait ensuite exporté par gazoduc vers l'Europe. Ce projet est déjà soutenu par le gouvernement allemand.

Le vice-président de la Commission européenne a confirmé que Bruxelles fixerait, en septembre prochain, l’objectif du Pacte vert. Probablement une baisse de 55% des émissions entre 1990 et 2030. «Car je n’ai pas de mandat pour aller au-delà et on ne trouverait pas de majorité ni au parlement ni au conseil», a-t-il indiqué.

commercer autrement

Interrogé sur les accords commerciaux conclus par l’Union européenne, le diplomate néerlandais a estimé «qu’il faut repenser le système». Désormais, estime-t-il, «nous devrons nous assurer que nos partenaires commerciaux suivent une trajectoire conformes à l’accord de Paris.» «Les prochains accords devront soutenir nos valeurs sociales et environnementales.» Plus direct, il annonce qu'«il faut introduire des interdictions d'importation des espèces rares et des produits créés à partir de la déforestation».

Révision en cours de la politique agricole commune (PAC) oblige, le numéro deux de la Commission a estimé que la plus importante des politiques communautaires devait être réécrite: «on ne peut pas continuer avec une PAC comme l’actuelle. La PAC devra être au service du Pacte vert»«Sinon, nous risquons de perdre un million d'espèces.»

L’occasion de mettre en exergue le projet de stratégie forestière. «Ce sera une stratégie, scientifiquement fondée, qui évitera la déforestation des forêts anciennes, comme en Pologne, et soutiendra le potentiel économique forestier, tant dans les zones rurales qu’urbaines.»