Climat: l’aviation commerciale ne tiendra pas ses engagements

Le 07 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les avions sont à l'origine de 2% des émissions anthropiques de CO2.
Les avions sont à l'origine de 2% des émissions anthropiques de CO2.

Le secteur n’améliore pas assez vite son efficacité énergétique à l’aune de ses engagements climatiques, estime une étude de l’ICCT.

 

 

Comment développer massivement une activité énergivore et diablement émettrice de gaz à effet de serre, tout en réduisant son empreinte carbone? La question est posée depuis plusieurs années aux parties prenantes de l’aviation commerciale. La réponse s’apparente à une équation insoluble. L’association internationale du transport aérien (IATA) estime qu’en 2030, les compagnies aériennes transporteront 7,3 milliards de passagers, contre 3,3 milliards en 2014. Ces deux prochaines décennies, la croissance du trafic devrait donc être supérieure à 4% l’an.

 

Pour réduire sa demande de kérosène d’origine fossile, le secteur aérien mise sur les nouvelles technologies (allègement des structures, moteurs sobres), la fluidité du trafic aérien (pour voler moins longtemps) et la finance carbone (marchés de quotas).

 

Problème, comme de nombreux secteurs consommateurs d’énergie fossile, l’aviation commerciale a pris des engagements climatiques. Avions de ligne, jets régionaux et aéronefs militaires rejettent environ 700 millions de tonnes de gaz carbonique par an[1]. Soit environ 2% des émissions anthropiques[2]. Au rythme actuel de croissance du nombre de décollage, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) estime que l’aviation civile pourrait émettre 3% des rejets carbonés vers le milieu du siècle. Incompatible avec l’image verte dont entend s’affubler compagnies aériennes et avionneurs. Conscient de ses responsabilités, le secteur aérien s’est engagé à améliorer de 2% par an son efficacité énergétique. Objectif final: abattre les rejets de moitié entre 2005 et 2050. Ce n’est pas gagné.

Les avions pas assez performants

Une étude publiée ce lundi 7 septembre par l’International Council on Clean Transport (ICCT) révèle en effet que les progrès accomplis par les industriels du transport aérien ont malheureusement tendance à ralentir. Certes, les Boeing et autres Airbus consomment en moyenne moitié moins de carburant aujourd’hui que dans les années 1960. Toutefois, depuis le début de la décennie, les transporteurs ne parviennent plus à réduire leur consommation que de 1% par an, contre 2,6% par an dans les années 1980. Insuffisant pour atteindre les objectifs à 2050. «Cette étude démontre que les avionneurs ne produisent pas d’avions suffisamment performants pour atteindre les objectifs onusiens», estime Andrew Murphy, en charge de l’aviation pour l’ONG Transport & Environment. Petite note d’espoir: en 2010, l’Organisation de l’aviation commerciale internationale (OACI) estimait que l’arrivée de la prochaine génération de courts et moyens courriers (A320 et A330 Neo, Boeing 737 Max, 777X, 787-8, Embraer E-Jet) permettrait d’améliorer de 40% l’efficacité énergétique des flottes. Reste à savoir si leur généralisation sera aussi rapide que prévu.

 



[1] Contre 150 Mt/an en 1960

[2] Hors effet des traînées de condensation

 



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