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Climat: L’Agence internationale de l’énergie plus pessimiste que jamais

Le 12 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
A quand la suppression des subventions à la consommation d'énergies fossiles?
A quand la suppression des subventions à la consommation d'énergies fossiles?

Dans la dernière édition de son World Energy Outlook, l’Agence internationale de l’énergie souligne l’urgence de la situation climatique. Elle dénonce aussi la lenteur des gouvernements à mettre en place d’efficaces politiques de maîtrise de la demande. Elle se préoccupe enfin de l’adéquation entre les besoins de croissance du secteur et les ressources disponibles en eau.

Une fois n’est pas coutume, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) annonce la révolution. Dans son dernier rapport, publié lundi 12 novembre, l’agence spécialisée de l’OCDE renouvelle son exercice favori: imaginer le monde de l’énergie en 2035. Un monde qui pourrait être bouleversé si les tendances tracées par l’institution parisienne se vérifient.

Première évolution et non des moindres: les Etats-Unis devraient (re)devenir le premier producteur mondial d’hydrocarbures aux alentours de 2020. Largement imputable à l’explosion des hydrocarbures non conventionnels (pétrole et gaz de schiste, gaz compact, grisou), cette évolution ne sera pas sans conséquences. Tout d’abord, affirme l’AIE, Washington devrait ainsi pouvoir cesser toute importation de brut, avant de devenir exportateur net vers 2030.

Cette conquête de son indépendance énergétique aura deux conséquences. En interne, les prix de l’énergie (notamment du gaz et de l’électricité) devraient rester bas. Une bonne nouvelle pour l’industrie. Et éventuellement pour le climat? Car il sera plus facile à un gouvernement et un Congrès de taxer le carbone produit par une énergie peu chère que de renchérir des kilowattheures au prix astronomique. A l’extérieur, un volume toujours croissant de brut sera disponible. Ce qui ne facilitera pas la tâche des administrations ayant pour mission d’améliorer l’efficacité énergétique de leur pays, comme en Chine, au Japon ou en Europe.

A ce propos, le World Energy Outlook 2012 rappelle que cette efficacité énergétique est le meilleur des moyens à notre disposition pour sécuriser nos approvisionnements, réduire notre empreinte carbone, tout en produisant de la richesse. La mise en œuvre des mesures identifiées par les experts de l’AIE réduirait de 650 millions de tonnes équivalent pétrole par an la consommation mondiale d’énergie primaire: l’équivalent des exportations pétrolières de la Russie et de la Norvège.

Le montant du devis d’un tel programme est élevé: 16.000 milliards de dollars (12.600 Md) d’ici 2035. Mais ses retombées sont considérables. «Ces bénéfices permettraient une réorientation graduelle de l'économie mondiale et augmenteraient la production économique cumulée jusqu'en 2035 de 18.000 Md$ (14.150 Md€), les augmentations de produit intérieur brut les plus importantes étant ressenties en Inde, en Chine, aux Etats?Unis et en Europe», résume l’AIE. Ce programme permettrait, en outre, de stabiliser à 3,6°C le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle. Ce qui semble signer l’arrêt de mort de l’objectif mondial d’une limitation à 2°C du Global Warming.

Pas forcément, répondent les auteurs du rapport. Mais en ce cas, il faut frapper vite et fort. Le rapport souligne le fait que «près de 4/5e des émissions de CO2 admissibles d'ici 2035 proviennent des centrales électriques, usines, bâtiments, etc. déjà existants. Faute de prendre des mesures de réduction des émissions de CO2 avant 2017, les infrastructures énergétiques existant à cette date atteindront à elles seules la limite d'émissions admissibles».

Les principales mesures sont bien connues. D’abord, réduire à néant les subventions à la consommation d’énergies fossiles. Celles-ci ont atteint, l’an passé, le chiffre record de 531 Md$ (417,5 Md€) dans le monde (+30% par rapport à 2010!). En France, leur montant est estimé à une trentaine de milliards d’euros par an. Ensuite, déployer massivement des installations de captage-stockage géologique de CO2 (CSC): «une technologie dont le rythme de déploiement demeure malheureusement très incertain; seule une petite poignée de projets d'envergure commerciale étant actuellement en cours», regrette l’AIE.

Nécessité fait aussi loi de durcir sensiblement les normes d’émission des véhicules routiers, et notamment des camions. «Le secteur des transports représente d’ores et déjà plus de la moitié de la consommation mondiale de pétrole, une proportion qui ne cesse d'augmenter avec le doublement du parc de véhicules de tourisme (à 1,7 milliard en 2035) et la hausse rapide de la demande en fret routier. Ce dernier est responsable de près de 40% de l'augmentation de la demande mondiale en pétrole: la consommation de carburant pour poids lourds –principalement du diesel– augmente beaucoup plus rapidement que pour les véhicules de tourisme. Ceci s'explique en partie par le fait que les normes de consommation de carburant pour poids lourds sont encore peu répandues

Parce que la consommation d’hydrocarbures (gaz, pétrole et charbon) restera importante, l’AIE recommande, autre révolution, d’accroître le soutien aux énergies renouvelables. De plusieurs façons: en donnant un prix au carbone, en facilitant le progrès technique (réducteur de coût), en accroissant les subventions. Dans son scénario le plus favorable, l’agence estime qu’elles pourraient passer de 88 Md$ (69 Md€) en 2011 (7 fois moins que les subventions aux fossiles) à 240 Md$ (188,7 Md€) par an en 2035.

Dernière révolution: l’eau. Pour la première fois, les analystes parisiens soulignent la nécessité de préserver cette ressource naturelle, indispensable à la production d’énergie. «En 2010, les prélèvements d'eau à des fins de production énergétique se sont élevés à 583 Gm3, dont 66 Gm3 pour la consommation d'eau –c'est?à?dire le volume prélevé qui n’est pas retourné à sa source.» Or, si les prévisions de croissance des consommations d’énergie se vérifient (+35% de consommation d’énergie primaire d’ici 2035), le secteur de l’énergie prévoit d’augmenter de 85% ses prélèvements d’eau. Ce qui n’est pas gagné à l’heure du réchauffement global.

http://www.worldenergyoutlook.org/media/weowebsite/2012/exsum/French.pdf

 



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