Climat : l’adaptation devient une priorité européenne

Le 30 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'accès à l'eau est l'une des priorités des politiques européennes d'adaptation aux changements climatiques.
L'accès à l'eau est l'une des priorités des politiques européennes d'adaptation aux changements climatiques.

Généralement, la lutte contre le changement climatique est assimilée aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce que l’on peut traduire par des tentatives de diminution de nos consommations de combustibles fossiles, le lent développement des énergies «décarbonées». Sans oublier la mise en place d’outils économiques, tels le marché des quotas d’émission et le mécanisme de développement propre, dont les résultats sont des plus discutables. Diversifiées, ces actions n’ont pas vraiment été couronnées de succès.

En Europe, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont considérablement réduit leur empreinte carbone en réduisant l’envergure de leur industrie lourde et en remplaçant les centrales thermiques au charbon par des installations au gaz. Des actions dont les effets ont été, partiellement, annulés par la délocalisation d’industries émettrices et la mondialisation du commerce ; laquelle permet aux pays les plus riches important massivement des produits de consommation, de découpler consommation et bilan carbone.

Résultat des courses: les émissions mondiales ne cessent de progresser. Durant la première décennie du siècle, les rejets carbonés de l’industrie mondiale augmentaient, en moyenne, de 2,9%/an : un rythme presque trois fois supérieur à celui observé durant la dernière décennie du XXe siècle. Depuis 55 ans que l’observatoire de Mauna Loa (Hawaï) la mesure, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a bondi de 24%. La température moyenne globale a augmenté de 0,8°C entre 1901 et 2011 (1,3°C en Europe), dont 0,5°C pour la seule période 1979-2010. Le fiasco est total.

Ce qui n’empêche pas l’Europe, et la France, d’axer l’essentiel de leur politique climatique sur son seul aspect énergétique: cf. le paquet énergie climat de 2008 ou le débat national sur la transition énergétique. Une transition qui est d’ailleurs bien mal partie. En se basant sur les données de l’agence internationale de l’énergie, une étude du Natural Resource Defense Council (NRDC, une ONG américaine) évalue à 775 milliards de dollars (593 milliards d’euros) le montant des subventions à la consommation d’énergies fossiles dans le monde, en 2012. La même année, ces mêmes nations ont investi 268 milliards de dollars (205 milliards d’euros) dans les énergies renouvelables. No comment.

L’Europe, précisément, est en train de réviser son plan d’action. La priorité ne va plus être à la réduction des émissions (seule la crise économique y parvient réellement), mais à l’adaptation aux conséquences des changements climatiques. «L’adaptation à ces changements est l’un des défis les plus importants à relever pour le développement territorial de l’Europe. Notre stratégie a pour objectif d’aider les décideurs européens à choisir les meilleures solutions dans l’intérêt de leurs citoyens. Cela stimulera la croissance et l’emploi et évitera de devoir payer par la suite un tribut humain, économique et environnemental potentiellement lourd», observe Connie Hedegaard, commissaire à l’action climatique.

Ce discours ne séduit pas tous les dirigeants européens. Selon un rapport que l’agence européenne de l’environnement a publié, lundi 29 avril, seuls 16 des 27 pays de l’UE (dont la France) mettent en œuvre des politiques d’adaptation. Celles-ci sont focalisées sur cinq grands sujets: gestion de l’eau, sylviculture, biodiversité, agriculture et santé humaine. La protection des infrastructures, l’aménagement du territoire, la consommation d’énergie, la gestion des zones littorales et le tourisme sont également très présents. Ce qui n’est pas le cas de l’intégration de l’adaptation dans l’économie (seule l’Autriche et la Lettonie ont osé le faire) ni de la protection des espaces montagnards (l’Espagne s’y est, seule, collée).

Pour accélérer le cours des choses, la Commission a présenté, lundi 29 avril, un programme en trois points: subventionner les stratégies nationales, aider les secteurs les plus vulnérables (agriculture et pêche) et accroître les efforts de recherche et de diffusion de l’information.

Un programme gagnant-gagnant: «pour chaque euro dépensé dans la protection contre les risques d'inondation, le coût des dommages diminuerait de six euros», affirme la Commission. L’exécutif estime qu’il faudra débourser 100 milliards d’euros par an, à l’horizon 2020, et 2,5 fois plus vers le milieu du siècle, pour protéger les Européens et leur environnement des conséquences du réchauffement climatique.

Parallèlement, les services de la Commission viennent de publier un Livre vert sur les assurances contre les catastrophes d'origine naturelle et humaine. «Les catastrophes d'origine naturelle et humaine sont en augmentation, alors que les capacités de couverture de ces risques par le secteur des assurances ne sont pas pleinement utilisées. Il convient d'étudier les solutions envisageables au niveau européen pour y remédier, de même que des moyens communs de prévention et de sensibilisation des citoyens et des entreprises », justifie Michel Barnier, commissaire au marché intérieur et aux services.

Mis en ligne, le Livre vert est soumis à la concertation jusqu’au 30 juin prochain.



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