Climat: l'accord de Paris passera-t-il par Montréal?

Le 20 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Durwood Zaelke, on peut éradiquer sans trop d'efforts les HFC.
Pour Durwood Zaelke, on peut éradiquer sans trop d'efforts les HFC.
Sébastien Vray

Sous présidence française, la conférence des parties au protocole de Montréal, qui se déroule cette semaine à Paris, essaie d’éradiquer les émissions de HFC, une famille de gaz à effet de serre très puissants.

 

En toute discrétion, médiatique tout du moins, Paris accueille cette semaine la 26e conférence des parties (COP) au protocole de Montréal. Conclu en 1985 dans le cadre de la convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone, ce texte entend éliminer les substances qui contribuent au mitage de la couche d’ozone stratosphérique.

 

11 substances très réchauffantes

Dans ce cadre, les CFC, halons et autres HCFC ont été interdits. Au fil des ans, les industriels ont développé des substituts à ces gaz de synthèse, et notamment les hydrofluorocarbures (HFC). Utilisés comme fluides réfrigérants et propulseurs dans les bombes à aérosol, les HFC ne nuisent pas à notre système de filtration des rayons UV solaires. En revanche, cette famille de 11 substances compte parmi les gaz à effet de serre les plus puissants. Sur un siècle, leur potentiel de réchauffement global est de 140 à 11.700 fois supérieur à celui du CO2.

Les 500.000 tonnes de HFC relâchées chaque année dans le monde équivalent à près de 1 milliard de tonnes équivalent CO2 (MdteqCO2). Au rythme actuel de croissance des émissions (4%/an), le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) estime que l’empreinte carbone des HFC pourrait atteindre jusqu’à 9 MdteqCO2 en 2050.

 

Un réchauffement d’un demi-degré

Sous l’impulsion de Washington, le sujet a été installé en tête de l’agenda des diplomates. «Les leaders de la planète ont reconnu l’importance de cette menace climatique lors du sommet Rio+20 de 2012», rappelle Durwood Zaelke, président de l’Institute for governance and sustainable development (IGSD). Cette ONG américaine s’est vouée à l’éradication des HFC. Son credo: l’adoption par la COP d’un amendement au protocole de Montréal, qui prévoit l’interdiction progressive des HFC entre 2016 et 2050. «Il est même possible de supprimer les HFC d’ici 2020, poursuit Durwood Zaelke. Si nous y parvenions, cela éviterait un réchauffement de 0,5°C d’ici la fin du siècle.»

Soumis à la COP de Paris par le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, l’amendement est soutenu par la France et l’Union européenne. Le 16 décembre 2013, les 28 se sont d’ailleurs engagés à réduire de 79% les volumes de HFC qui seront mis sur le marché à l’horizon 2030. Un accord qui a peu de chance d’être trouvé d’ici la fin de la conférence, vendredi 21 novembre. «Les pays du Golfe persique continuent de bloquer les négociations», explique Maxime Beaugrand, avocate pour l’IGSD.

Pour autant, l’optimisme est une valeur à la hausse. Après l’accord conclu en juin 2013 avec la Chine, les Etats-Unis espèrent bien convaincre New Delhi d’accepter son aide technique et financière pour réduire production et consommation de HFC. La présidence française de la COP pourrait parvenir à créer un «groupe de contact» entre pays «pro» et «anti» amendement. «On peut même imaginer que la France parvienne à organiser une nouvelle COP, avant le sommet climatique de Paris, pour faire adopter cet amendement», veut croire Maxime Beaugrand.

 

 



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