Climat: l’accord de Paris passera (aussi) par Lima

Le 21 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La capitale du Pérou accueillera le sommet climatique, du 1er au 12 décembre.
La capitale du Pérou accueillera le sommet climatique, du 1er au 12 décembre.
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Les diplomates français du climat sont optimistes pour le sommet climatique de Lima. Et pas tout à fait prêts pour celui de Paris.

C’est une petite tradition. A quelques jours de l’ouverture du traditionnel sommet climatique de fin d’année (à Lima, cette année), les diplomates français réunissent des journalistes pour un briefing. Ce vendredi 21 novembre, Laurent Tubiana, ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique, s’est donc pliée à l’exercice, sans se départir d’un certain optimisme.

Actualité heureuse

L’actualité récente y est pour beaucoup: la formidable marche citoyenne de New York en septembre, l’adoption par l’Union européenne de son paquet énergie Climat 2030 en octobre, l’accord sino-américain la semaine passée. Sans oublier l’épisode du dernier sommet du G20. «Le Premier ministre australien ne cessait de claironner que le charbon était bon pour l’humanité, et chez lui l’humanité lui a dit le contraire», souligne la créatrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

De fait, le gouvernement conservateur australien, hôte de la conférence, ne souhaitait pas aborder le changement climatique. Une intense pression diplomatique internationale l’a finalement conduit à le mentionner dans le communiqué final. Auparavant, des représentants du gouvernement indien avaient indiqué vouloir cesser toute importation de charbon australien dans les trois ans.

Last but not least: le fonds climatique vert est désormais doté de 9,3 milliards de dollars (7,5 Md€), sur les 10 annoncés. Le moral est au beau fixe, côté français.

3 objectifs péruviens

A Lima, les diplomates tricolores ont trois objectifs: définir la nature du véhicule juridique du futur accord de Paris, le contenu des contributions et l’agenda des solutions.

Dans le premier cas, les négociateurs français envisagent plusieurs types d’option pour l’accord à conclure lors du sommet de Paris en décembre 2015: un protocole à la convention, un autre instrument juridique ou un texte convenu d’un commun accord ayant valeur juridique. L’accord de Paris pourrait être aussi constitué non pas d’un seul mais de plusieurs textes.

Joliment baptisées Intended nationally-determined contributions (INDC), les contributions sont les efforts (financiers, techniques, de transfert de technologies) que les Etats sont prêts à faire, tant dans le domaine de l’atténuation que de l’adaptation. Esquissé dans un texte datant du 7 juillet dernier, le contenu de ces INDC doit être arrêté à Lima, pour que les 194 états concernés puissent les rendre publics avant le 31 mars prochain.

Rabot parlementaire

Cher au cœur des dirigeants français (adeptes de l’agenda positif), l’«agenda des solutions » constitue le troisième but poursuivi par les négociateurs de Lima. Encore un peu flou, ce projet vise à constituer une plate-forme regroupant les initiatives des collectivités, des ONG et des entreprises qui contribuent à réduire notre empreinte carbone. Des initiatives qui ne se substitueront pas aux engagements étatiques.

Voilà pour Lima.

Pour Paris, les objectifs ne sont pas encore politiques, mais plutôt logistiques et micro-économiques. Dirigé par l’ambassadeur Pierre-Henri Guignard, le secrétariat général de la COP 21 ne bénéficie pas d’un grand soutien parlementaire. Le 5 novembre, la commission des finances du Sénat a proposé de raboter de quelques millions d’euros le budget d’organisation du sommet, estimé à 179 M€.

Est-ce pour compenser ces coupes ou pour préserver l’état précaire des finances publiques? Quoi qu’il en soit, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a exigé que 20% du montant de la facture (soit 36 millions) soient finalement apportés par les entreprises.

Les multinationales ayant de bonnes idées pour lutter contre le réchauffement pourront donc les exposer, sur le site même de la COP, sur l’aéroport du Bourget. «Ce ne sera pas une foire commerciale», insiste Pierre-Henri Guignard. Certes. Mais Paris prévoit tout de même de louer des emplacements sur plusieurs milliers de mètres carrés.

Pour amadouer les sénateurs (élus par les élus locaux), le secrétariat général de la COP 21 rappelle que les retombées touristiques de la présence des 40.000 personnes attendues pour la conférence pourraient atteindre une centaine de millions d’euros.

 



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