Climat et alimentation: place aux consom’acteurs

Le 07 avril 2017 par Romain Loury
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Un livre pour décarboner son assiette
Un livre pour décarboner son assiette

«Ca chauffe dans nos assiettes», et il serait temps de les rendre climato-compatibles. Dans un ouvrage paru jeudi 6 avril aux éditions Buchet/Chastel, les deux journalistes Yves Leers et Jean-Luc Fessard estiment crucial d’informer le consommateur, appelé à devenir un consom’acteur.

«L’alimentation participe au réchauffement. Elle produit le tiers de l’ensemble des émissions anthropiques de gaz à effet de serre: 60% viennent de l’agriculture, de l’élevage et de la dégradation des sols, 40% de la transformation et du transport –qui sont à parts égales», rappellent les deux auteurs[i].

Des enjeux climatiques délaissés

Pourtant, la place de l’agriculture et de l’alimentation dans les négociations climatiques demeure marginale, loin derrière l’énergie, les transports et le bâtiment. Comment expliquer un tel oubli? «Probablement parce que cela touche directement les gens dans leur mode de vie: ils doivent bien continuer à manger», explique Yves Leers, contacté par le JDLE.

Par un exposé clair et complet des enjeux et des impacts climatiques de l’alimentation et de l’agriculture, le livre vise justement à mieux informer le lecteur de son rôle de «consom’acteur». «C’est la première fois qu’est publié un livre grand public sur le sujet», observe Yves Leers.

Une atténuation sans trop d’effort

Le livre démontre en effet qu’il est possible, et pas si difficile que cela, de parvenir à une alimentation sobre en carbone, aussi favorable au climat qu’à la santé. Retracés dans l’ouvrage, les travaux de Nicole Darmon, nutritionniste et épidémiologiste[ii], montrent qu’il est possible de réduire de 30% son bilan carbone alimentaire «dans une vision réaliste prenant en compte la qualité nutritionnelle». Au-delà, pas d’alternative: il faut supprimer la viande et nettement augmenter sa consommation de légumineuses et de féculents.

Signe que les temps changent un peu, le gouvernement a signé, le 29 mars, une charte nationale pour une alimentation responsable et durable dans les établissements médico-sociaux, qui vise à favoriser l’approvisionnement local.

En fin de livre, les auteurs publient d’ailleurs 18 recettes sobres en carbone, pas toutes végétariennes, mises au point par des chefs cuisiniers du réseau Bon pour le climat -animé par Jean-Luc Fessard. Toutes chiffrées, en matière de bilan carbone, par un écocalculateur disponible sur le site de l’association.

Question incontournable: ce livre ne va-t-il pas une fois de plus prêcher à des convaincus? Au-delà de ceux-là, «il y a beaucoup de gens qui se posent des questions, ils n’ont souvent besoin que d’un déclic», estime Yves Leers. D’autant que sur ces questions, par exemple sur le bio, «les gens vont plus vite que les pouvoirs publics».



[i] «Ca chauffe dans nos assiettes. Des recettes pour sauver le climat», Yves Leers et Jean-Luc Fessard, préface d’Olivier Roellinger, 160 pages, éditions Buchet/Chastel

[ii] Unité de recherche «Nutrition, obésité et risque thrombotique» (Inra, Inserm, université d’Aix-Marseille)

 



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