Climat: de la nécessité de repenser la gestion de l’eau

Le 24 septembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les stations des Alpes du sud ont du mouron à se faire.
Les stations des Alpes du sud ont du mouron à se faire.

Ce n’est pas tout à fait une surprise. Sous nos latitudes, l’un des principaux effets des changements climatiques attendus sera le bouleversement du régime des précipitations. Avec les conséquences que l’on peut imaginer.

En fin de semaine dernière, l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse (RMC) a rendu public un rapport de synthèse des connaissances sur les impacts du changement climatique sur l’eau dans le grand Sud-Est français. Pas inintéressant, si l’on garde à l’esprit que 40% du bassin hydrique rhodanien connaît déjà des pénuries d’eau.

Les sommets seront les premiers touchés, rappellent les climatologues. En 2030, l’enneigement du sud des Alpes devrait être moitié moins important que celui que nous connaissons: la faute à la diminution des chutes de neige et à l’accélération de leur fonte. «C’est à basses et moyennes altitudes (1.200 à 1.800m), dans toutes les Alpes, que le manteau neigeux sera le plus dérangé. A plus long terme (2080), un scénario pessimiste fait état d’une quasi-disparition de la neige au printemps sur toutes les Alpes à basses et moyennes altitudes.»

Moins de neige, c’est aussi moins d’eau dans les rivières. «En 2050, les affluents non méditerranéens du Rhône (Saône, Loue, Ognon…) perdraient 20 à 50% d’eau en été et en automne, et jusqu'à 75% en été pour l’Isère et la Durance. Les fleuves du Languedoc-Roussillon pourraient perdre 30 à 80% de débit en 2080.»

Les rivières les plus touchées devraient être celles des bassins côtiers du Languedoc. A certaines époques de l’année, l’Agly, l’Aude, la Têt ou le Tech pourraient connaître des déficits pouvant atteindre 80%.

Mais le réchauffement climatique ne perturbera pas seulement les milieux aquatiques. Les végétaux seront touchés de plein fouet par la montée des températures. L’évapotranspiration s’accroissant, elle avancera en saison les manques d’eau en agriculture et les accentuera par assèchement des sols.

A l’échelle du bassin RMC, les scientifiques situent la montée des températures en moyenne annuelle entre 1 et 2°C d’ici 2030, puis de 3 à 6°C à l’horizon 2080.

Sur les bassins côtiers, les scénarios optimistes annoncent +3°C d’augmentation moyenne d’ici 2080. Une pointe à +10°C au mois d’août est même envisagée.

Affectés par une baisse de la recharge, les aquifères littoraux pourraient être aussi menacés de salinisation due à l’élévation du niveau de la mer. «En effet, il est vraisemblable que la Méditerranée montera sans qu’il soit encore possible préciser de quelle hauteur.»

Les faunes marine et lacustre seront, elles aussi, affectées par ces phénomènes. Les poissons d’eau douce et d’eau de mer seront fortement perturbés. «En 30 ans, les eaux du Rhône se sont déjà réchauffées de 2°C à son embouchure en été. Seules les cours d’eau comme l’Isère, l’Arve ou le Rhône amont pourraient être moins touchés du fait de l’influence des glaciers, tant qu’ils fondent. Les aires de répartition des poissons vont se déplacer vers le nord et en altitude. La truite fario et le chabot, notamment, verraient leur aire régresser sévèrement.»

La Méditerranée pourrait se réchauffer de 3°C d’ici 2080 et s’acidifiera (pH tombant de 8,1 actuellement à 7,7 en 2100 par dilution de CO2, ce qui représente une menace pour le calcaire des coquilles et des squelettes des équinidés).

Sur 75 espèces de poissons endémiques, 50 verraient leurs habitats fragmentés ou réduits et 14 disparaitront probablement. Enfin, le littoral languedocien connaîtra des risques d’érosion et de submersion encore accrus.



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