Climat: ce que pourrait être la répartition de l’effort européen

Le 07 septembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Ségolène Royal et les représentants des 27.
Ségolène Royal et les représentants des 27.
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Le JDLE dévoile la proposition du partage de l’effort climatique présentée par la Commission européenne aux 28 durant l’été.

 

L’un des maîtres-mots des sciences climatiques est interdépendance. La bonne santé de l’océan dépend désormais de la composition de l’air. Lequel n’aura plus très bonne mine si l’océan venait à relarguer subitement l’énergie d’origine anthropique absorbée depuis deux siècles.

L’interdépendance est un principe force des négociations climatiques. En témoignent les discussions portant sur le «partage de l’effort» européen. En janvier 2014, la Commission européenne publiait son projet de paquet Energie Climat 2030. Une batterie de textes visant à réduire de 40% les émissions communautaires de gaz à effet de serre (GES), entre 1990 et 2030.

Tout le monde était à peu près d’accord. Restait à partager entre les 28 Etats membres et entre les secteurs industriels les efforts à accomplir pour y parvenir. C’est tout l’enjeu des discussions qui sont conduites depuis deux ans. Dernier épisode en date: une nouvelle proposition de ce partage, faite dans le courant du mois de juillet par la Commission européenne et que le JDLE vous dévoile.

Pour les 12.000 sites industriels participant déjà au système communautaire d’échange de quotas d’émission de GES (ETS), les choses étaient déjà fixées. Ils devront réduire de 43% leurs émissions physiques entre 2005 et 2030, ou accroître significativement leurs achats de quotas.

Pour tous les autres secteurs d’activité (agriculture, transports, bâtiment), la potion est moins sévère: ce sera -30% entre 2005 et 2030. Reste à décliner cet effort général par pays. Le principe est que les pays les plus ‘riches’ soutiennent les moins favorisés (qui sont souvent de gros consommateurs de charbon). En clair, là où la Bulgarie ne devra que stabiliser ses émissions, Suède et Luxembourg devront abattre les leurs de 40%.


Les baisses d'émission proposées par Bruxelles (2005-2030)
Pays Objectif proposées par la Commission
Autriche -36%
Belgique -35%
Bulgarie 0%
Croatie -7%
Chypre -24%
République Tchèque -14%
Danemark -39%
Estonie -13%
Finlande -39%
France -37% (35,5% initialement)
Allemagne fédérale -38%
Grèce -16%
Hongrie -7%
Irlande -30%
Italie -33%
Lettonie -6%
Lituanie -9%
Grand Duché du Luxembourg -40%
Malte -19%
Pays-Bas -36%
Pologne -7%
Portugal -17%
Roumanie -2%
Slovaquie -12%
Slovénie -15%
Espagne -26%
Suède -40%
Royaume-Uni -37%

Globalement, les pays dont le mix électrique est très riche en charbon se verront infliger des objectifs faciles à atteindre (-2% pour la Roumanie, -7% pour la Pologne et la Hongrie). De quoi émousser bien des velléités. Bonne fille, la France a proposé de rehausser quelque peu son effort. Bruxelles propose de lui infliger un -37%, soit 1,5% de plus qu’initialement prévu. De quoi mettre de l’huile dans la discussion sur le partage de l’effort et les tractations portant sur la ratification de l’Accord de Paris. Interdépendance toujours.

Non encore définitifs, ces chiffres doivent être avalisés par le Conseil européen du 17 septembre et par le Parlement européen.



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