Climat : c’est parti pour 1.000 ans !

Le 10 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La partie occidentale de l'Antarctique pourrait disparaître.
La partie occidentale de l'Antarctique pourrait disparaître.

Publiées coup sur coup en fin de semaine dernière, deux simulations dressent une carte peu réjouissante des conséquences à long et très long terme des changements climatiques.

 

Les scientifiques ne respectent pas le week-end de leurs contemporains. Ces derniers jours, deux études ont été publiées sur le site de Nature Geoscience ; l’une sur les effets des changements climatiques sur les glaces telluriques, l’autre sur les conséquences à très long terme de l’accroissement de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Et les nouvelles ne sont pas bonnes.

 

L’ étude sur les glaces telluriques (glaciers, calottes groenlandaise et antarctique) est carrément alarmante. En utilisant un modèle informatique, calé sur des mesures effectuées sur 300 glaciers entre 1961 et 2004, Valentina Radic (université de Colombie britannique) et Regina Hock (université de l’Alaska) ont modélisé les conséquences d’un changement climatique modéré sur les glaces terrestres. Pour ce faire, les deux chercheures ont pris les scénarios A1B. Développée par le Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec), cette famille de scénarios prévoit, en gros, que la température moyenne globale ne progressera pas de plus de2,8°Cau cours du XXI e siècle. Ce qui est la seule note optimiste de cet article. Un tel réchauffement suffira, estiment les deux scientifiques, à faire perdre 15 à 27 % de leur volume aux glaciers de montagne d’ici 2100. Ce qui « pourrait avoir des effets substantiels sur l'hydrologie régionale et la disponibilité des ressources en eau ».

 

Bien évidemment, les conséquences varieront d’une région à l’autre. Les massifs alpins pourraient ainsi perdre de 60 à 90 % de leur volume de glace. Soit à peu près autant qu’en Nouvelle-Zélande (72 %, en moyenne). Préservé, le Groenland ne perdrait que 8 % de sa masse glacée ; un tout petit peu moins que les glaciers d’Asie (10 %).

 

Cette fonte massive devrait entraîner une élévation du niveau de la mer de 12 centimètres en moyenne d'ici la fin du siècle, ajoute l’étude. Un chiffre auquel il faut ajouter la dilatation thermique des océans, non prise en compte par les deux géophysiciennes. Pour impressionnante qu’elle soit, cette simulation tombe dans les clous du 4 e rapport d’évaluation du Giec, publié en 2007.

 

Plus pessimiste que leurs consœurs, une équipe canadienne a modélisé les effets des changements climatiques à très long terme. En prenant, cette fois, le scénario A2 du Giec comme base (+ 3,8°Cdurant le XXIe siècle), les collègues de Shawn Marshall (université de Calgary) se sont intéréssés à l'inertie des GES qui, une fois émis, restent des siècles dans l'atmosphère. Partant du postulat que l’Humanité parviendrait à stopper ses émissions en 2100, l’équipe montre que les conséquences des changements climatiques se manifesteraient pendant un millénaire.

 

Comme dans l’étude précédente, les résultats varient selon les grandes régions du monde. L’Afrique du Nord voit la surface de ses zones désertiques augmenter d’un tiers. La température de l’eau autour de l’Antarctique pourrait s’élever de5°C. Ce qui pourrait provoquer, vers 3000, la quasi-disparition de la partie occidentale du continent blanc.

D’une façon générale, la vie sera moins rude dans l’hémisphère nord qu’à nos antipodes.

 

Cette bipolarisation serait imputable, avancent les chercheurs canadiens, à la lenteur avec laquelle les courants marins, notamment au Sud, transporteront « l’énergie du réchauffement » dans toutes les régions du globe.



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