Climat: Bonn, et ça repart

Le 17 juin 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bonn : le meilleur s'étend dans les couloirs.
Bonn : le meilleur s'étend dans les couloirs.
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Une fois n’est pas coutume. Les négociateurs climat sont ressortis «optimistes» des deux semaines de tractations qui se sont déroulées à Bonn (Allemagne), ces deux dernières semaines. Du 4 au 15 juin, l’ancienne capitale allemande a accueilli des centaines de diplomates, d’experts, d’associatifs pour le traditionnel round de discussions pré-conférence des parties, le sommet climatique annuel de fin d’année.

Une réunion utile et constructive

Dimanche 15 juin, les commentaires allaient bon train: «une conférence utile » pouvait-on entendre dans les couloirs. «Une réunion constructive», dit-on dans les rangs de la délégation française. Quels résultats découlent de ces négociations. A dire vrai, pas grand chose de fondamental ? «Il n’y a pas eu de crise majeure, ce qui est rare», ironise un habitué. Plus sérieusement, nombre de participants soulignent l’ambiance inhabituelle qui régnait dans l’hôtel Maritim, où se tenait la conférence.

Certitude d’aboutir à un accord

Une ambiance faite de la certitude d’aboutir à un accord en 2015 auquel chacun apporterait sa pierre. «Nous avons eu le sentiment d’avoir vu émerger le squelette de l’accord de Paris. Il va falloir lui donner de la chair», reprend notre expert. Traduction : un projet de texte pourrait être présenté aux pays ayant ratifié la convention climat dès le 15 juillet prochain. Quant à ces parties, nombre d’entre elles sont prêtes à présenter leur contribution nationale à la lutte contre le changement climatique, réduction d’émission comprise. «Cette dernière avancée est très importante. Il n’y a pas si longtemps, certains pays considéraient comme un tabou le fait de devoir ainsi s’engager», explique un négociateur.

Une réelle percée

Les écologistes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. «C’est une réelle percée que de voir près d’un tiers des gouvernements concernés reconnaître que nous devons passer des énergies fossiles aux énergies propres en une génération», lance Martin Kaiser, responsable des politiques climatiques pour Greenpeace.

La réunion avait commencé sous de bons hospices. Le 2 juillet, Washington avait annoncé son intention de diminuer d’un tiers les émissions des centrales thermiques américaines entre 2005 et 2030. Dans la foulée, He Jiankun, patron du comité chinois pour le changement climatique, annonçait que Pékin fixerait, dans son prochain plan quinquennal, des limites d’émissions, en tonnes de CO2 et en intensité carbone.

Les bonnes nouvelles américaines et chinoises

«Ces deux nouvelles ont été bien accueillies, évidemment, explique-t-on à Paris. Mais, elles ont aussi ressuscité la crainte que les états-Unis et la Chine ne signent, ensemble, un accord sur le dos du monde.» Un vieux souvenir de Copenhague ?

Prochaine étape : Bonn. Les négociateurs se retrouveront au même endroit en octobre. Ils devront notamment faire le point sur l’avancée des programmes nationaux, quelques semaines après le congrès climatique convoqué par l’ONU à New York. Un mois avant le sommet climatique de Lima (COP 20), ils devront aussi amender le projet de textes que leur auront soumis les deux co-présidents des négociations sur l’accord de Paris. Ils devront enfin comptabiliser l’argent qu’auront finalement débloqué les pays les plus industrialisés pour aider les nations du Sud à réduire leur empreinte carbone et à s’adapter aux conséquences des changements climatiques. «Le respect de ces engagements-là sera l’une des clés de la réussite des conférences de Lima et de Paris», prévient un membre de la délégation française.  À bon entendeur…



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