Climat, biodiversité: le cri de révolte des scientifiques

Le 20 février 2020 par Romain Loury
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Mobilisation lycéenne pour le climat, mars 2019, Paris
Mobilisation lycéenne pour le climat, mars 2019, Paris
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Face à la crise écologique, une tribune publiée jeudi 20 février dans Le Monde par près de 1.000 scientifiques français prône la désobéissance civile. Un appel au sursaut environnemental, autant que politique et citoyen.

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs tirent publiquement l’alarme sur les dérèglements en cours, réchauffement et déclin de la biodiversité en tête. En novembre 2017, 15.000 scientifiques internationaux avaient ainsi signé une tribune publiée dans la revue BioScience, 25 ans après le «Warning to Humanity» de 1992.

Mais la tribune publiée jeudi 20 février par un millier de scientifiques français, issus de toutes les disciplines, va au-delà de l’alerte écologique: c’est une vraie mise en garde politique, d’autant plus frappante à l’approche des élections municipales[i]. «Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée», jugent-ils.

La croissance infinie, une «impasse»

La mise en garde se fait plus précise: «complice» de la situation, le gouvernement est accusé de négliger le fait qu’«une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse». «Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai», poursuit la tribune, qui fustige les technologies «superflues et énergivores» telles que la 5G et la voiture autonome.

Les chercheurs appellent à «participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes»[ii], tout en prônant «un changement du système par le bas dès aujourd’hui». Ils demandent à l’exécutif et au parlement de «faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre».



[i] Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars. Elles seront précédées, le 14 mars, d’une marche pour le climat.

[ii] Citant pêle-mêle les Amis de la Terre, Attac, la Confédération paysanne, Greenpeace, Action non-violente COP21, Extinction Rébellion, Youth for climate, Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales.