Climat: Beijing tient ses promesses

Le 07 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Chine émettra 10 milliards de tonnes de CO2 en 2015.
La Chine émettra 10 milliards de tonnes de CO2 en 2015.

La Chine va réduire drastiquement son intensité carbone d’ici à 2016. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle baissera ses émissions de gaz à effet de serre.

 

C’est le programme de tous les dangers qu’a présenté samedi 5 mars Wen Jiabao, le premier ministre chinois, devant 5.000 députés et membres du parti communiste.

 

Ce programme, c’est le tant attendu 12 e plan quinquennal qui encadrera les activités économiques et sociales de l’Empire du milieu entre 2011 et 2015.

 

Ses objectifs sont à l’image du pays: démentiels! Une croissance économique limitée à 7% par an, soit 4% de moins que ces 5 dernières années. Beijing prévoit aussi la création de plus de 45 millions d’emplois dans les seules zones urbaines. A la campagne, en revanche, le chômage ne devra pas dépasser plus de 5% de la population active. La population, justement, ne devra pas non plus dépasser 1,39 milliard d’individus, soit juste 50 millions de plus qu’en 2010.

 

La Chine poursuit, à marches forcées, la transformation de son économie et de la société.

 

A l’échéance du programme, les services seront le premier secteur économique chinois, en produisant 47% du PIB (+ 4 points par rapport à la situation actuelle). Les investissements dans les domaines de la recherche et du développement représenteront 2,2% du PIB annuel. Pour la première fois dans l’histoire récente du pays, les urbains (51,5%) seront plus nombreux que les ruraux. Et pour loger tout le monde, Beijing prévoit la construction et la rénovation de 36 millions d’appartements à loyer modéré.

 

Bien évidemment, le gouvernement chinois était particulièrement attendu sur les volets environnement, tant son développement se paie au prix écologique fort.

 

Les consommations d’eau (de plus en plus polluée, il est vrai) devront diminuer d’un tiers par point de PIB. Les forêts devront couvrir 21,6% du pays (contre 19% en 2009) et produire au moins 600 millions de mètres cubes de bois.  

 

Fidèle aux engagements pris avant la conférence Climat de Copenhague, en 2009, Beijing va baisser de 16% son intensité énergétique et de 17% son intensité carbone. Une bonne nouvelle à prendre toutefois avec de grosses pincettes. Certes, cela se situe dans la droite ligne de la baisse de 40 à 45% de l’intensité carbone entre 2005 et 2020, annoncée en 2009, mais cela ne signifie pas que la Chine va réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Bien au contraire.

 

Beijing prévoit de limiter —une première mondiale!— sa consommation de charbon à 4 milliards de tonnes en 2015. Mais comme l’a fort opportunément rappelé le Bureau national des statistiques, la Chine a brûlé l’an passé 3,2 milliards de tonnes de charbon, soit 5,9% de plus que l’année précédente. Au total, selon le laboratoire chinois des énergie «bas carbone», le pays devrait émettre 10 milliards de tonnes de CO2 en 2015: autant que les Etats-Unis et l’Europe réunis! A ce rythme, elle rejettera, en 2020, 50% de GES de plus qu’en 2007, année où elle est devenue le premier émetteur mondial.

 

Pour atteindre ses objectifs, la Chine va mettre le paquet. Les énergies non carbonées (renouvelables et nucléaire) devront fournir 11,4% de l’énergie primaire contre 8,3% aujourd’hui. De quoi susciter des investissements considérables. La capacité installée hydroélectrique devra ainsi augmenter de 140.000 mégawatts, fragilisant des fleuves dont certains sont déjà en piètre état. En 2020, le parc nucléaire devrait atteindre 80.000 MW de capacités installées, soit 8 fois plus qu’en 2010.

 

La longueur totale du réseau ferroviaire à grande vitesse atteindra 45.000 kilomètres, couvrant presque toutes les villes de plus de 500.000 habitants.??

 

La technologie n’apportera pas tout. Le gouvernement devrait autoriser plusieurs provinces (on parle du Guangdong et de l’agglomération pékinoise) à tester les marchés de quotas de consommation d’énergie et d’émission de CO2. Les directives à ce sujet devraient être publiées dans les prochaines semaine.

 

S’il peut décevoir, le 12e plan chinois marque probablement les limites politiques de ce que le pouvoir central est capable d’imposer aux régions, notamment celles de l’est et du sud qui comptent parmi les plus dynamiques de l’empire. Pour satisfaire aux exigences du plan précédent (baisse d’intensité énergétique de 19,1%, notamment), Beijing avait ordonné la fermeture de mines, de centrales électriques et d’usines polluantes. «Ce n’était pas notre intention première et de telles méthodes ne sont pas appropriées», a reconnu Zhang Ping, le président de la puissance Commission nationale pour le développement et la réforme.



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