Climat: +2°C, c’est (encore) possible

Le 20 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'amélioration des techniques sylvicoles pourrait considérablement alléger notre bilan carbone.
L'amélioration des techniques sylvicoles pourrait considérablement alléger notre bilan carbone.

Le PNUE l'affirme : il est encore possible de stabiliser le réchauffement climatique à 2°C. Mais il faut agir vite et fort.

Jamais l’atmosphère n’a contenu autant de gaz à effet de serre, disait hier l’organisation météorologique mondiale [JDLE]. Au rythme où nous rejetons CO2, méthane et autre protoxyde d’azote, la terre pourrait se réchauffer de 5°C d’ici la fin du siècle, rappelait PricewaterhouseCooper’s, il y a quelques jours [JDLE]. Une perspective qui fait frémir, au vu du rapport que la Banque mondiale a consacré à une planète réchauffée de «seulement» 4°C [JDLE].

Dans ce concert anxiogène, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) apporte une toute petite note d’optimiste. Ce matin, l’institution onusienne présente la troisième mouture de son étude annuelle sur les besoins et les capacités de réduction d’émission de GES.

Intitulé Bridging the Emissions Gap 2012, le rapport indique que nous avons encore la possibilité de stabiliser le réchauffement global à 2°C. Ça n’est presque qu’une question de volonté politique.

Pour bien comprendre les données du problème, revenons à notre bilan carbone. En 2010, nous avons rejeté dans l’atmosphère une cinquantaine de milliards de tonnes équivalent CO2 (Mdtéq.CO2), soit 14% de plus que la limite que nous devrons nous fixer, pour 2020, si nous voulons toujours limiter notre réchauffement à 2°C d’ici à la fin du siècle.

Car, rappelle le Pnue, si nous voulons respecter l’objectif fixé à Copenhague en 2009, nous devons abattre sensiblement et régulièrement nos rejets carbonés. D’après les calculs des experts mobilisés par l’institution onusienne, la limite ne devrait pas excéder 37 Mdtéq.CO2, en 2030, et 21 Mdtéq.CO2 en 2050.

Pour commencer. Histoire que les choses soient bien claires, le Pnue rappelle que si nous n’infléchissons pas très rapidement les trajectoires actuelles, le bilan carbone de l’humanité pourrait atteindre 58 Mdtéq.CO2 dès 2020 (2 milliards de plus que les estimations publiées dans le rapport de l’an dernier). Adieu, en ce cas, la stabilisation du climat à 2°C.

Se mettre sur la bonne trajectoire climatique exige, en effet, de réduire de 2 à 3% par an nos émissions, dès à présent, et durant au moins un demi-siècle. Or, si notre dérapage se poursuit, ne serait-ce que quelques années, l’effort de diminution de nos émissions sera totalement hors de notre portée. A moins, bien sûr, que nous subissions une crise mondiale d’une autre ampleur que celle que nous connaissons actuellement.

Bref, nous devrons réduire nos émissions de 13 Mdtéq.CO2/an d’ici à 2020. Ce que nous permettent les meilleures techniques disponibles, indique le Pnue. Leur généralisation pourrait épargner à l’atmosphère l’émission annuelle de 10 à 23 Mdtéq.CO2. A l’horizon 2020, l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments pourrait alléger notre bilan carbone global de près de 3 Mdtéq.CO2/an. La décarbonisation progressive du secteur de l’énergie et de l’industrie pourrait alléger notre empreinte carbone de près de 8 Mdtéq.CO2/an. Des moteurs plus efficaces et la banalisation des modes de déplacement doux pourrait diminuer de plus de 2 Mdtéq.CO2 par an les émissions du secteur des transports. L’amélioration des pratiques agricoles et sylvicoles pourraient, dans le meilleur des cas, réduire de près de 9 Mdtéq.CO2 par an nos émissions.

Le rapport ne dit, en revanche, ce qu’attendent les gouvernements pour s’engager dans la voie de la décarbonisation. La fin du débat sur la transition énergétique?



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