Climat: 16 pays, peut-être, sur la voie des 2°C

Le 30 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
C'est sur le stand des Fiji à la COP 23 qu'a été lancé le dialogue de Talanoa.
C'est sur le stand des Fiji à la COP 23 qu'a été lancé le dialogue de Talanoa.
VLDT


Ce sera l’un des points forts de la COP 24: tirer profit du Dialogue de Talanoa. Initiée lors du sommet climatique de Bonn (sous présidence fidjienne), cette discussion informelle entre les parties à l’Accord de Paris et des observateurs vise à établir un premier bilan des actions mises en œuvre depuis la COP 21. En vue, par la suite, d’en rehausser les objectifs.

La date-limite de soumission des dossiers sur le site de l’ONU était fixée au 29 octobre. A peine quelques heures plus tard, des chercheures de la London School of Economics (LSE) proposent une synthèse de cet état des lieux de la bataille climatique mondiale.

les NDC passées au crible

Ce travail passe évidemment par une analyse attentive des engagements volontaires (NDC) publiés par les Etats dans les semaines qui ont précédé la COP 21, fin 2015. La plupart d’entre eux (157 sur les 197 signataires de l’Accord de Paris) se sont fixé des objectifs de réduction d’émission. Mais 58 gouvernements, seulement, les ont transcrits en droit national. Et le tiers d’entre eux (16 donc) ont effectivement engagé des politiques en accord avec leurs buts (1). Modeste.

l'échéance de 2020

Globalement, 140 NDC comportent des objectifs en matière d’atténuation (baisse des émissions de gaz à effet de serre), d’énergie, de transport et d’utilisation des terres. L’adaptation, en revanche, reste le parent pauvre des politiques climatiques nationales.

Des politiques qui, pour le moment, ne voient pas plus loin que le bout du nez des législateurs: 60% des objectifs économiques et sectoriels ont 2020 pour échéance, alors que la plupart des NDC s’achèvent en 2030. Seuls 16 pays et ceux de l’Union européenne ont fixé un cadre d’action allant au-delà de 2030.

rendez-vous à la COP 24

En son article 14, l’Accord de Paris précise que les Etats devront réaliser un grand bilan mondial lors de la COP de 2023, puis tous les 5 ans par la suite. Problème, rappellent les auteures de l’étude de la LSE, rares sont les NDC à utiliser les mêmes données et les mêmes échéances; rendant hypothétique le moindre bilan global. «Les Etats doivent exprimer plus clairement leurs objectifs», soulignent Michal Nachmany et Emily Mangan.

Cette recommandation devrait faire phosphorer délégués et diplomates qui auront à rédiger, lors de la prochaine COP, les règles du jeu de l’Accord de Paris. Rendez-vous mi-décembre.

(1) Les 16 pays sont l'Algérie, le Canada, le Costa Rica, l'Ethopie, le Guatemala, l'Indonésie, le Japon, la Macédoine, la Malaisie, le Montenegro, la Norvège, la Papouasie-Nouvelle Guinée, le Pérou, Samoa, Singapour, Tonga.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus