Cinq ‘nuisibles’ épargnés par le Conseil d’Etat dans certains départements - M

Le 19 juin 2017 par Marine Jobert
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La pie sauve ses plumes dans 8 départements.
La pie sauve ses plumes dans 8 départements.
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Le juge administratif a admis que 5 espèces sur 10 considérées comme nuisibles ne pourraient plus être détruites dans certains départements, du fait de l’état de leur population ou de l’absence de dégâts sur les activités agricoles. Une petite victoire pour les associations de protection de l’environnement, qui voudraient voir disparaître le statut de ‘nuisibles’.

Ne les appelez plus jamais ‘nuisibles’. Depuis la loi sur la reconquête de la biodiversité, le code de l’environnement les désigne sous les termes d’«animaux susceptibles d’occasionner des dégâts». Est-ce un changement radical pour belettes, fouines, martres, putois, renards, corbeaux freux, corneilles noires, étourneaux sansonnets, geais des chênes ou autres pies bavardes? Pas vraiment, puisque ne sont toujours pas prises en compte «les réalités biologiques [ni privilégiées] les méthodes préventives, afin de mettre un terme aux destructions injustifiées de dizaines de milliers d’animaux sauvages chaque année», estiment France Nature Environnement et Humanité & Biodiversité. Les deux associations viennent d’en faire à nouveau l’expérience devant le Conseil d’Etat, qui a annulé certaines dispositions de l’arrêté du 30 juin 2015 dans un arrêt rendu le 14 juin dernier.

Un rôle essentiel pour les écosystèmes

Les associations de protection de l’environnement, à l’unisson de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), estiment que ces espèces jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes. Dans un rapport transmis au ministère de l’environnement, la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) en a fait la démonstration pour le putois, gros consommateur de rongeurs et de lapins affaiblis par la myxomatose. Le Conseil d’Etat leur a donné partiellement raison en interdisant désormais tout piégeage, tir et destruction pour la pie (dans l’Aube, Aude, Haute-Loire, Meurthe-et-Moselle, Nièvre, Hautes-Pyrénées, Haut-Rhin et Var), la fouine (dans la Marne et la Savoie), la corneille et le corbeau freux (en Haute-Loire), l’étourneau (dans la Haute-Vienne) et la belette (en Moselle).

A la louche

Mais le juge administratif est resté sourd aux arguments naturalistes pour les autres cas de figure, tirant argument du nombre d’animaux tués les années précédentes pour justifier de leur bonne santé; de la concentration d’exploitations agricoles et de champs cultivés pour démontrer les atteintes «significatives» que seraient «susceptibles» de causer ces espèces; et des dégâts chiffrés (parfois ridiculement bas) qui leur sont imputés.

Les chasseurs peu écoutés

D’autres parties étaient montés au créneau contre cet arrêté: des fédérations de chasseurs, qui demandaient, à l’inverse, que le texte soit plus permissif pour éradiquer certains animaux. La récolte a été maigre, avec l’inscription de la belette sur la liste dans le Pas-de-Calais et du putois en Vendée.



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