Cigéo: des opposants à l’enfouissement occupent un bois de l’Andra

Le 21 juin 2016 par Marine Jobert
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Des barricades sur le site occupé.
Des barricades sur le site occupé.
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Des opposants au projet d’enfouissement des déchets radioactifs du projet Cigéo occupent un bois promis à l’abattage. Objectif: rendre visible le démarrage d’un projet dépourvu de toute autorisation. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) invoque des travaux de reconnaissance.

Le bois Lejuc, sur la commune de Mandres-en-Barrois (Meuse), n’en a plus pour très longtemps. Car c’est là, sur plusieurs centaines d’hectares, que l’Andra envisage d’implanter l’un des deux sites de surface d’un des plus gros projets industriels européens: Cigéo, le centre de stockage profond de déchets radioactifs. Des travaux de «reconnaissance géotechnique» pour alimenter la demande d’autorisation à l’autorité de sûreté nationale en 2018 ont débuté il y a une quinzaine de jours, accompagnés de déboisement et du déploiement de kilomètres de clôtures, «pour éviter les actes de malveillance et protéger nos personnels», explique l’Andra.

200 occupants

Mais ces clôtures sont à terre aujourd’hui et les arbres viennent de recevoir un secours inattendu d’habitants du secteur, venus les «libérer (…) du joug de l’Andra et sa poubelle nucléaire Cigéo». Dès le 9 juin, les travaux sont perturbés et 10 jours plus tard, quelque 200 personnes convergent vers le bois, dont la propriété a été âprement obtenue par l’Andra. Car en janvier 2013, une consultation communale repousse la proposition d’échange que leur fait l’agence; en juin 2015, un vote au petit matin du conseil municipal entérine l’offre. La délibération a été déférée au tribunal administratif, mais le recours n’est pas suspensif.

Infrastructure stratégique

«Le terrain nous appartient dans le cadre de l’échange validé par le conseil municipal, fait valoir l’Andra. Nous avons besoin d’acquérir des données sur le terrain où l’on veut implanter nos installations de surface.» Car c’est à cet endroit que sera implantée la ‘zone puits’, puits via lesquels seront acheminés hommes et matériels, et ventilées les galeries de stockage. Les «colis nucléaires», eux, seront acheminés en profondeur via un autre site à 5 kilomètres de là, en Haute-Marne. «Il s’agit d’une infrastructure stratégique pour l’Andra, estime Julien, l’un des opposants qui occupent le site. Or, sans existence légale, sans déclaration d’utilité publique, ils commencent les travaux en catimini. Depuis 20 ans, l’Andra mène une politique du fait accompli: maintenant, nous allons rendre visible leur projet.»

#Occupylameuse

«Nous savons que rien n’arrêtera l’avancée de la poubelle dans les couloirs feutrés du Parlement, sinon le rapport de force sur le terrain», préviennent les occupants sur un site internet. Pour l’heure, quelques gendarmes sont venus et un huissier missionné par l’Andra a constaté l’occupation. Les opposants appellent à un «pic-nic interminable» et à une journée d’action le 26 juin prochain, préludes à un été d’occupation du site.



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