Chute de la biodiversité: l’IPBES espère un «effet Paris»

Le 29 avril 2019 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Du 29 avril au 4 mai au siège de l'Unesco, à Paris
Du 29 avril au 4 mai au siège de l'Unesco, à Paris
Unesco

C’est un rendez-vous crucial de la lutte contre l’effondrement de la biodiversité: la 7ème session plénière de l’IPBES s’est ouverte lundi 29 avril au siège de l’Unesco, à Paris. Elle débouchera sur l’adoption, samedi 4 mai, d’un état des lieux mondial, futur socle de politiques environnementales comme les rapports du Giec.

Plus de 800 représentants de 130 pays, principalement des scientifiques et des diplomates, étaient présents lundi matin pour l’ouverture de cette session plénière de l’IPBES[i], souvent surnommé le ‘Giec de la biodiversité’. Par ce rendez-vous annuel, l’organisme souhaite insuffler un «effet Paris» à la lutte contre le déclin de la biodiversité, en référence à l’accord sur le climat adopté en décembre 2015 lors de la COP21.

Un état des lieux mondial, première depuis 2005

A l’agenda de cette session, les experts doivent adopter, samedi 4 mai en clôture de la session, un rapport de 1.800 pages, établi par 150 experts issus de 50 pays, dressant un état des lieux mondial de la biodiversité. Dévoilé lundi 6 mai, il constituera le plus large travail jamais mené à ce sujet depuis l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire, en 2005.

C’est une absence qui fait tache: aucun ministre français n’était présent lors de la cérémonie d’ouverture, alors que l’IPBES faisait encore état, vendredi 26 mai, de la présence du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et de la ministre de la recherche, Frédérique Vidal. Tous étaient retenus auprès du premier ministre pour un séminaire gouvernemental post-grand débat national.

Outre un état actuel de la perte de biodiversité, ce rapport présentera des projections de pertes attendues au cours des prochaines décennies. Les experts proposeront ensuite des pistes d’actions à tenir au cours des 30 prochaines années pour enrayer ce déclin, puis se pencheront sur la capacité des Etats à atteindre les objectifs de biodiversité d’Aichi, les objectifs de développement durable ainsi que ceux de l’accord de Paris sur le climat.

Des actions «rapides et transformatrices»

Lors de son discours, le président de l’IPBES, Robert Watson, a déclaré que «si les gouvernements veulent atteindre les objectifs du développement durable, il faut agir d'urgence pour limiter les changements climatiques d'origine humaine et la perte de biodiversité.  La lutte contre la perte de biodiversité ne peut se faire que par des actions rapides et transformatrices partout dans le monde (…) Les informations contenues dans l'évaluation mondiale permettront aux gouvernements, au secteur privé et à la société civile de faire de meilleurs choix pour une action éclairée».

C’est sur la base de ce rapport, et de son résumé pour les décideurs, que sera élaboré le futur cadre mondial pour la biodiversité post-2020, qui sera lancé lors de la COP15 de la Convention sur la diversité biologique (CDB), en octobre 2020 à Pékin. Ce cadre mondial prendra la suite des objectifs d’Aichi, bien loin d’être atteints.

La sixième crise d’extinction va s’accélérer

Selon un projet de rapport dévoilé par l’Agence France-Presse (AFP), un quart des 100.000 espèces évaluées –sur les huit millions que compte la planète- sont menacées d’extinction, que ce soit en raison de l’agriculture, de la pêche, de la déforestation ou du changement climatique. Une accélération pourrait survenir de manière «imminente», avec 500.000 à un million d’espèces à leur tour menacées dans les prochaines décennies, estime l’IPBES dans ce projet non finalisé.

Egalement à l’agenda de cette session de l’IPBES, l’adoption de son prochain programme de travail, l’éventuelle mise en place d’un contrôle externe de la plateforme ainsi que la nomination d’un nouveau président, successeur de Robert Watson.



[i] IPBES : Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques. Giec: groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus