Chute brutale des marchés du carbone

Le 06 janvier 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Gouverneur de Californie, Arnord Schwarzenegger a fait adopter le projet de marché du carbone dans son Etat.
Gouverneur de Californie, Arnord Schwarzenegger a fait adopter le projet de marché du carbone dans son Etat.
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Petit paradoxe: plus on évoque les conséquences du réchauffement global, moins c’est bon pour la finance carbone. Alors que la presse anglophone a battu ses records de publication d’articles sur les changements climatiques (+30% entre 2012 et 2013), les bourses du carbone, elles, ont douloureusement dévissé l’an passé.

Selon un bilan dressé, la semaine dernière, par les analystes de Point Carbon, le chiffre d’affaires des marchés du carbone a atteint 38,4 milliards d’euros, en 2013, contre 62 Md l’année précédente et 96 Md en 2011.

Plusieurs facteurs expliquent cette dégringolade. A commencer par la situation européenne. Les 28 pays de l’UE sont d’ores et déjà assurés d’atteindre, collectivement, les objectifs fixés par le paquet Energie Climat de 2008 (-20% d’émission de GES entre 1990 et 2002). Ce qui n’est pas très motivant pour s’infliger de nouvelles contraintes.

9 milliards de quotas ont changé de mains

D’autant que la crise est passée par là, réduisant à néant le consensus communautaire pour les objectifs que devrait se fixer l’UE à 2030 et 2050. Le Vieux monde n’est donc pas acheteur de quotas. Et les échanges sur le système européen (l’ETS) s’en ressentent. L’an passé, 9,2 milliards de quotas d’émission ont changé de mains, contre 10,7 milliards en 2012.

En 2013, l’ETS a représenté 94% du chiffre d’affaires mondial du carbone et 88% des volumes d’actifs échangés, rappelle Reuters.

Les mêmes raisons produisant les mêmes effets, l’atonie européenne a contaminé les marchés de permis internationaux, ces quotas générés par les mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto. Faute de demande européenne, mais aussi japonaise, le coût de ces crédits onusiens a dégringolé de 98% en 5 ans. Aujourd’hui, le prix d’une unité de réduction certifiée d’émission (l’unité de compte du mécanisme de développement propre, MPD, l’un des mécanismes de Kyoto) est de 50 cents d’euro: «moins cher que le coût de développement de tels projets», estiment les analystes de Point Carbon.

La Chine et la Californie

Seule note positive de la note de Point Carbon: les marchés émergents. La Western Climate Initiative californienne (auquel le Québec participe) se révèle extrêmement active. Chaque semaine, 2 millions sont échangés. Et le Golden State a ainsi collecté près de 600 millions de dollars (440 M€) en mettant ses quotas aux enchères: un montant qui pourrait plus que doubler d’ici 2015. Désormais, le coût moyen du permis californien dépasse les 11 $ (8 €), en faisant le plus cher de la planète carbone.

De grands espoirs sont aussi placés dans les marchés chinois. En 2013, l’Empire du milieu a lancé 5 des 7 bourses régionales prévues. Lundi 6 janvier, les autorités du Guangdong ont vendu près de 3 millions de quotas au prix plancher de 60 yuans (7,2 €).



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