Christophe Aubel, nouveau directeur de l’Agence pour la biodiversité

Le 02 mars 2016 par Marine Jobert
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Christophe Aubel, nouveau directeur de la future agence française pour la biodiversité.
Christophe Aubel, nouveau directeur de la future agence française pour la biodiversité.

Issu du milieu associatif, Christophe Aubel a été désigné à la tête de la future Agence française pour la biodiversité (AFB). Une nomination plutôt bien accueillie.

La future Agence française pour la biodiversité (AFB) a un nouveau directeur: Christophe Aubel a été intronisé lundi 29 février par Ségolène Royal, à l’occasion du lancement de la phase d’installation de l’AFB, en présence des membres du conseil d’administration des 4 établissements publics[1] qui la composent. «Compte tenu de sa capacité de dialogue pour porter le sujet biodiversité depuis 15 ans, il sera un facteur de fédération des parties prenantes», a souhaité la ministre de l’écologie dans un communiqué.

Diplomate

Il est vrai qu’à 54 ans, Christophe Aubel n’est pas un nouveau venu dans le microcosme des professionnels de la gestion de la nature. Longtemps administrateur de France Nature Environnement (FNE) et vice-président du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il a également siégé au conseil national de la transition écologique, au comité de suivi du projet agro-écologique du ministère de l’agriculture et –évidemment- au comité de suivi de la stratégie nationale de biodiversité. Cet interlocuteur régulier de l’équipe de préfiguration de l’AFB est donc connu comme le loup blanc. Sa personnalité, sa courtoisie et ses compétences semblent faire l’unanimité. «Christophe est diplomate, fin connaisseur des dossiers», estime Benoît Hartmann, le porte-parole de FNE.

Théodore Monod

Son parcours et son nouveau positionnement suscitent toutefois quelques commentaires. Car certains, dans le milieu associatif, n’ont pas oublié que c’est sur les cendres du Rassemblement des opposants à la chasse (ROC) que l’association Humanité & Biodiversité –dont il est désormais l’ancien directeur- a construit sa légitimité.

«Théodore Monod a dû se retourner dans sa tombe», ironise Allain Bougrain-Dubourg, se référant à la figure tutélaire de l’explorateur, co-fondateur en 1976 du ROC, qu’il a présidé jusqu’à sa mort en 2000. Or H&B, sous la férule d’Hubert Reeves et de Christophe Aubel, a été vertement critiquée de l’intérieur. «La ligue ROC ne s’oppose plus, écrivaient des adhérents historiques dans une lettre ouverte publiée en 2009. Elle sert de caution aux ministères. Malgré les revers et les affronts subis, elle persiste à rencontrer autour d’une table ronde les représentants des chasseurs, de plus en plus favorisés par les pouvoirs publics.» «S’il avait eu une sensibilité anti-cynégétique, il n’aurait jamais obtenu le poste», confirme le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui salue toutefois cette nomination.

Place de la chasse

Même si l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) n’est pas dans le périmètre actuel de l’AFB, la question cynégétique reste en suspens. «Cette nomination risque de stigmatiser le camp des chasseurs, craint Jean-Luc Ciulkiewicz, secrétaire général du syndicat national de l’environnement (SNE-FSU), qui entend monter le mécontentement des fédérations de chasse placées, de fait, hors jeu. Certains commencent à changer d’avis sur le sujet.» «Les parlementaires trancheront», élude Christophe Aubel.

Maison commune

Le nouvel arrivant, lui, préfère insister sur le fait qu’H&B a été «depuis 15 ans, l’association qui a le plus essayé de faire émerger le consensus, la plus ouverte vers les autres». Un projet lui tient-il plus à cœur qu’un autre? Il hésite… la restauration des écosystèmes, le lien biodiversité/climat… «Ce n’est pas le cow-boy qui débarque», se défend-il. Une impression à gommer après sa nomination surprise, reçue avec étonnement par des personnels de l’agence, notamment à cause de la rapidité du limogeage d’Olivier Laroussinie, qui a occupé les fonctions de directeur de l'AFB depuis moins d'un an.

«Ségolène Royal a eu envie de nommer quelqu’un de la société civile», estime ce dernier, qui quitte également le poste de directeur à l’Agence des aires marines protégées qu'il occupait en parallèle. Où se dessine son avenir? Dans les affaires maritimes, sans doute. Le SNE salue un directeur ouvert au dialogue. «Le ministère devait en avoir marre de l’entendre réclamer de l’argent et des personnels, pense un syndicaliste. S’il n’a pas réussi sur ce volet-là, on se demande bien ce que ce nouveau directeur va pouvoir obtenir…». La «maison commune», si chère à Christophe Aubel, n’a pas fini de nourrir les discussions.



[1] Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), Espaces naturels, Agence des aires marines protégées (AAMP) et Etablissement des parcs nationaux de France.

 



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