Christiana Figueres, «Madame Climat» de l’ONU

Le 30 novembre 2015 par Stéphanie Senet
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21ème COP pour Christiana Figueres
21ème COP pour Christiana Figueres

La dynamique secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations unies pour les changements climatiques (CCNUCC) ne rechigne pas à la tâche, pourtant ardue, de convaincre les gouvernements du monde entier de signer un accord global et contraignant à Paris.

Elle les a toutes faites. Christiana Figueres était de toutes les conférences des parties de la convention-cadre des Nations unies pour le changement climatique (CCNUCC), depuis Berlin en 1995 jusqu’à Lima l’an dernier. Et elle a ouvert, aux côtés de Laurent Fabius, la COP21, lundi 30 novembre. Autant dire qu’elle fait partie des observateurs privilégiés des négociations climatiques, auxquelles elle a d’abord participé en tant que représentante de la délégation du Costa Rica il y a 20 ans. A 59 ans, la «Madame Climat» des Nations unies est en effet la fille de José Figueres Ferrer, leader de la révolution costaricaine de 1948, qui a assuré trois mandats présidentiels. Elle est aussi la sœur de José Figueres Olsen, président du Costa Rica de 1994 à 1998.

Des montagnes du Costa Rica à Bonn

Diplômée d’anthropologie au Swarthmore College, en Pennsylvanie (Etats-Unis), Christiana Figueres a vécu un an au sein de Bribris, une communauté amérindienne du cœur des montagnes de Talamanca, au Costa Rica, avant d’être nommée à l’ambassade du Costa Rica à Bonn (Allemagne) au début des années 1980. Aujourd’hui, c’est encore dans l'ancienne capitale fédérale, où se trouve le siège de la CCNUCC, qu’on peut la trouver à son bureau, lorsqu’elle n’est pas en train de parcourir la planète pour convaincre l’un des 195 Etats membres[1] de s’engager pour le climat.

 

Christiana Figueres en 4 dates
7 août 1956: naissance à San José (Costa Rica)
1995: fonde le Centre de développement durable des Amériques (CSDA), un think tank sur le changement climatique. Participe à la COP 1 (Berlin)
Mai 2010: nommée secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations unies pour les changements climatiques (CCNUCC) par Ban Ki-Moon
Juillet 2013-Juillet 2016: deuxième mandat à la CCNUCC

Le changement a déjà eu lieu

Succédant au Néerlandais Yvo de Boer en 2010, la fonctionnaire onusienne est persuadée que Paris représente «un tournant historique» dans l’histoire des négociations climatiques. «Nous devons toutefois avoir à l’esprit que les négociations internationales ne provoquent pas le changement mais le soulignent. En fait, le changement s’est déjà produit dans l’économie réelle, par exemple avec le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles, ou encore avec l’annulation des forages dans l’Arctique», écrit-elle le 30 octobre dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Guardian. Reste à confirmer ce changement au sein d’un accord qu’elle souhaite global et contraignant juridiquement, contrairement aux récentes déclarations américaines.

«Un tournant historique à Paris»

Sur twitter, elle manie à l’envi le jargon diplomatique, félicitant l’Arabie saoudite aussitôt son INDC publiée, alors même qu’elle se contente de ralentir la croissance de ses émissions de CO2 en 2030. Même encouragement à l’attention de la nouvelle ministre de l’environnement canadienne («Le Canada est de retour», affirme Mme McKenna) sans garantie qu’elle fera mieux que son prédécesseur. Qu’importe. «A l’avenir, nous regarderons cette étape comme un moment extraordinaire de transformation, comme le tournant historique de ce siècle», lance-t-elle inexorablement, à l’attention de tous les chefs d’Etat.

 



[1] La CCNUCC a été ratifiée par 195 Etats membres ainsi que par l’Union européenne

 



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