Cholestérol: les régimes «low-carb» démasqués

Le 20 juin 2012 par Romain Loury
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Le nord de la Suède: une région riche en cholestérol.
Le nord de la Suède: une région riche en cholestérol.

Les régimes pauvres en sucres auraient un effet contre-productif, élevant le taux de cholestérol et donc le risque cardiovasculaire, révèle une grande étude suédoise publiée dans la revue Nutrition Journal.

Mis en place en 1986 dans le nord de la Suède, zone au risque cardiovasculaire élevé, le programme de santé publique VIP (Västerbotten Intervention Programme) avait pourtant bien commencé: en 6 ans, la population a un peu réduit ses apports alimentaires en lipides.

Nommé d'après le comté de Västerbotten, ce programme anti-obésité, étendu ensuite à toute la Suède, a consisté en un étiquetage renforcé des aliments, des réunions d'information et des examens médicaux proposés à des âges-clés (30, 40, 50 et 60 ans). Plusieurs mesures dont le bilan s'avère en demi-teinte.

Car après une stagnation entre 1992 et 2002, la consommation de lipides s'est remise à augmenter, jusqu'à dépasser son niveau de 1986, révèle l'étude menée par une équipe de l'université d'Umea. Dans le même temps, les apports en sucres ont fortement baissé, après une hausse observée jusqu'en 1992.

Selon les auteurs, cette évolution signe la victoire médiatique des régimes «low-carb», qui consistent à consommer autant de lipides et de protéines qu'on le souhaite, tout en réduisant au maximum l'apport en sucres, jugés seuls responsables d'une prise de poids.

Or dans la population étudiée, la baisse des glucides et la hausse des lipides a entraîné une remontée du taux de cholestérol, alors qu'il avait baissé au début du programme VIP. Quant au poids, il n'a cessé d'augmenter depuis 1986.

Pour les auteurs, ces régimes entraînent bien une perte de poids sur le court terme, mais leur effet à moyen et long terme demeure controversé. «La perte de poids n'est pas soutenue, ce type de régime accroît le cholestérol sanguin, qui a un effet important sur les maladies cardiovasculaires», commente l'une des auteurs de l'étude, Ingegerd Johansson, dans un communiqué.



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