Choisir le sexe de son enfant grâce au bisphénol A

Le 13 avril 2015 par Romain Loury
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Garçon ou fille?
Garçon ou fille?
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Le bisphénol A (BPA) et les phtalates perturbent-ils la répartition filles-garçons à la naissance? Publiée dans la revue Environmental Research, une étude préliminaire suggère que le sex-ratio serait sous influence de ces perturbateurs endocriniens, avec des effets opposés selon le père ou la mère.

Plusieurs pays industrialisés en ont fait l’observation: depuis le début des années 1970, le taux de naissances masculines par rapport aux naissances féminines, un sex-ratio qui se situe autour de 1,05, est en baisse [1]. De manière certes continue, mais si faible qu’il est difficile d’en déterminer les causes, probablement multiples (voir le JDLE ici et ).

Parmi elles, la pollution chimique, en particulier celle induite par les perturbateurs endocriniens. L’hypothèse a été suscitée par l’observation de personnes lourdement exposées à ces substances, notamment de travailleurs de l’industrie chimique. Ou encore suite à l’explosion de l’usine de Seveso (Italie) en 1976, après laquelle les bébés masculins se sont raréfiés chez les couples les plus exposés.

Au-delà de ces situations exceptionnelles, le phénomène se produit-il à bas bruit dans la population générale? Menée sur 220 couples, la petite étude publiée par une équipe du Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development (NICHD, à Rockville, Maryland) est certes d’une taille trop faible pour l’affirmer avec certitude. Elle est en tout cas l’une des premières à se pencher sur l’effet des perturbateurs endocriniens non persistants, en l’occurrence le bisphénol A et 14 phtalates.

Garçon pour la mère, fille pour le père

Ces 220 couples ont été recrutés dans la cohorte Life suite à l’arrêt de leur contraception. Hommes et femmes livraient alors un échantillon de leur urine, dont la teneur en ces 15 substances était analysée en fonction du sex-ratio calculé à la naissance. C’est donc une exposition aux perturbateurs endocriniens avant la conception qui a été analysée, sans tenir compte de celle survenue pendant la grossesse.

Constat le plus frappant, l’effet est opposé selon que l’on s’intéresse à la mère ou au père. Chez les hommes, l’abondance de perturbateurs endocriniens augmente les chances d’avoir une fille. Pour toute hausse d’un écart-type de la concentration logarithmique [2], le BPA est lié à une baisse de 23% des naissances de garçon, le MiBP à une diminution de 18%.

A l’inverse, une forte teneur en perturbateurs endocriniens chez la mère favorise les garçons. Avec le BPA, le MiBP, le MBzP et le MnBP, les chances d’en avoir un augmentent de 16% à 31%, pour toute hausse d’un écart-type dans l’urine maternelle. Pour le moins troublants, les résultats sont difficiles à expliquer en l’état.

S’il est acquis que les perturbateurs endocriniens modifient l’équilibre hormonal, reste à comprendre quels sont les mécanismes physiologiques, très différents selon le père ou la mère, à l’œuvre derrière cette altération du sex-ratio, dans un sens ou dans l’autre. Très prudents quant à leurs conclusions, les chercheurs appellent à mener d’autres travaux évaluant non seulement l’exposition aux perturbateurs endocriniens, mais aussi le profil hormonal des parents.

[1] Lorsque le sex-ratio est évalué à la naissance, il est dit «secondaire». Lors de la conception, il est dit «primaire».

[2] Lorsque la concentration est étudiée de manière logarithmique, toute hausse d’une unité correspond en réalité à un facteur 10.



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