Chlorure de vinyle, cadmium: de nouvelles valeurs toxicologiques

Le 22 août 2012 par Romain Loury
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Le chlorure de vinyle sert notamment à la production du PVC.
Le chlorure de vinyle sert notamment à la production du PVC.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a établi des valeurs toxicologiques de référence (VTR) pour deux substances cancérogènes présentes dans l’environnement, le chlorure de vinyle  et le cadmium.

Ces deux contaminants figurent parmi ceux inclus par l’Anses dans une étude-pilote, dont le but est de valider une méthode de construction des VTR pour les effets cancérogènes, mise au point par l’agence en 2007. Trois autres substances y figurent, à savoir l’éthanol, le benzène et le naphtalène.

Associé à des cancers du foie (angiosarcomes hépatiques, carcinomes hépatocellulaires), mais aussi du poumon, le chlorure de vinyle monomère est utilisé dans la fabrication du PVC, principale source d’exposition de la population. Autre voie, la dégradation dans l’environnement du tétrachloroéthylène (PCE), du trichloréthylène (TCE) et du dichloroéthylène (DCE), qui résulte en une contamination de l’eau et de l’air.

Du fait de sa nature mutagène –par fixation à l’ADN-, le chlorure de vinyle présente une toxicité «sans seuil de dose». Comprendre: pour de telles substances, «il existe une probabilité, même infime, qu’une seule molécule pénétrant dans l’organisme provoque des effets néfastes pour cet organisme», explique l’Anses [1].

Sur la base d’études animales (rat, souris) portant sur les tumeurs hépatiques, l’agence a établi deux VTR cancérogènes pour le chlorure de vinyle, l’une pour une exposition par voie orale, de 0,625 milligramme par kilo et par jour-1, l’autre pour une exposition par voie respiratoire, de 0,0038 milligramme par mètre cube-1 [2].

Quant au rapport sur le cadmium, il ne porte que sur l’exposition par voie respiratoire (milieu professionnel, fumeurs): l’Anses propose une VTR de 0,3 µg/m3 pour les effets cancérogènes (tumeurs pulmonaires), de 0,45 µg/m3 pour les autres effets, en l’occurrence l’atteinte rénale.

Le cadmium dispose déjà d’une VTR pour la voie orale, à savoir une dose hebdomadaire tolérable (DHT) de 2,5 µg/kg de poids corporel, fixée en 2009 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

[1] D’autres agents sont jugés «à seuil de dose»: ce sont «des substances qui provoquent, au-delà d’une certaine dose, des dommages dont la gravité est proportionnelle à la dose absorbée», selon l’Anses.

[2] Ces unités plutôt complexes mesurent «l’excès de risque unitaire», également appelé «pente», à savoir l’effet sanitaire d’une exposition à une substance sans seuil de dose.



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