Chine: une reforestation rapide, sujette aux critiques

Le 25 février 2014 par Stéphanie Senet
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Les pertes de forêts (en rose) et les gains (en bleu) selon Global Forest Watch
Les pertes de forêts (en rose) et les gains (en bleu) selon Global Forest Watch

Sur le papier, la Chine est en passe d’atteindre ses objectifs de reforestation. Avec près de 22% de sa superficie terrestre couverte de forêts, elle devrait bientôt atteindre les 23% visés en 2020, selon l’agence étatique des forêts (SFA).

Depuis 2008, l’Empire du milieu a planté 1,3 million d’hectares de forêt, soit la superficie du Monténégro. Ce vaste programme de reboisement avait été lancé en 1998 suite aux crues dévastatrices du Yang-Tse -le troisième fleuve le plus long du monde après l’Amazone et le Nil- qui ont emporté des milliers d’arbres. Pékin voulait ainsi protéger les sols de l’érosion et des inondations.

 

Au total, la couverture forestière chinoise s’étend désormais sur 208 Mha. «Nous avons rempli 60% de notre tâche fixée pour 2020», a déclaré Zhao Shucong, directeur de SFA.

 

Ce massif forestier présente d’autres atouts. Il permet de conserver 581 milliards de mètres cubes d’eau et de stocker 8,4 milliards de tonnes équivalent CO2.

 

Des nouvelles plantations au détriment de restaurations

Mais ce reboisement rapide soulève des critiques, certains experts estimant que la reforestation se résume à de nouvelles plantations et oublie la restauration des forêts naturelles.

 

«La plupart des nouvelles terres boisées s’avèrent de mauvaise qualité et plusieurs régions voient à nouveau leurs forêts régresser», explique Xu Jianchu, professeur à l’institut de botanique de Kunming, l’académie chinoise des sciences. Cette dernière information est confirmée par Global Forest Watch, un nouveau site développé par Google (1) qui permet de suivre, en temps réel, les fluctuations des massifs forestiers à travers le monde. Cet outil montre que la Chine a gagné 2,2 Mha de forêts entre 2000 et 2012 mais en a perdu 6,1 Mha.

 

Selon Xu Jianchu, les autorités ont privilégié la plantation d’arbres fruitiers et de caoutchoucs, afin de maximiser les avantages économiques, au détriment d’autres espèces plus adaptées au niveau local. Ce qui aggrave l’érosion des sols et la pénurie d’eau dans les régions arides et semi-arides.

 

(1)en collaboration avec la Nasa, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et le World Resources Institute (WRI)



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