Chine: les particules fines s’effacent, l’ozone prospère

Le 03 janvier 2019 par Romain Loury
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A Pékin, l'ozone en hausse de 3,1 ppb par an
A Pékin, l'ozone en hausse de 3,1 ppb par an

En Chine, la pollution à l’ozone ne cesse de grimper. En cause, la baisse de celle aux particules fines PM2,5 qui permettaient d’éponger ce gaz, révèle une étude américano-chinoise publiée lundi 31 décembre dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

C’est un phénomène que les chercheurs ne parvenaient pas à s’expliquer: malgré les succès, à parfaire, de la politique chinoise de lutte contre la pollution de l’air, l’ozone ne cesse de progresser. Depuis 2013, sa teneur augmente entre 1 et 3 parties par milliard (ppb) par an dans le pays –jusqu’à +3,1 ppb par an à Pékin. Région la plus touchée, la grande plaine du nord, où le niveau atteint 150 ppb, soit deux fois plus que la norme chinoise de 82 ppb.

Le phénomène semble même s’accélérer par rapport à la décennie précédente. Quelle est l’origine de ce phénomène? C’est ce qu’ont tenté de savoir des chercheurs de l’université de Harvard (Boston, Massachusetts) et de l’université de Nankin, en analysant l’évolution de la teneur en ozone en fonction d’autres polluants.

NOx et PM2,5 en baisse

Parmi eux, les principaux précurseurs de l’ozone, à savoir les composés organiques volatils (COV) et les oxydes d’azote (NOx). Du fait de la lutte contre la pollution de l’air, les NOx ont connu une nette baisse depuis 2013 (-21%), tandis que les COV n’ont que peu évolué. Un autre facteur semble bien plus important pour expliquer la hausse des teneurs en azote: les particules fines de taille inférieure à 2,5 microns (PM2,5).

Selon les chercheurs, la teneur des PM2,5 ont en effet diminué d’environ 40% dans la plaine du nord, région qui en était le plus empreinte. Or les particules fines, très nocives d’un point de vue cardiorespiratoire, ont pour effet d’inhiber la formation d’ozone, en bloquant les radicaux libres issus de l’oxydation des COV –première étape de formation de l’ozone.

Un effet peu connu jusqu’alors

«Il y avait tant de particules fines dans les villes chinoises que cela a fortement freiné la production d’ozone.(…) Nous n’avons observé cela nulle part ailleurs dans le monde, parce qu’aucun autre pays n’avait obtenu des résultats aussi rapides sur les émissions de particules fines: en seulement 4 ans, la Chine a fait autant que les Etats-Unis en 30 ans», explique Daniel Jacob, de l’université de Harvard et co-auteur de l’étude.

Selon les chercheurs, il faut bien évidemment continuer à réduire les émissions de particules fines, même si cela pourrait signifier, à court et moyen terme, une hausse de la teneur en ozone. Pour cette dernière, seule une action plus marquée contre les NOx et les COV permettra d’enrayer la production d’ozone.



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