Chine et Australie peuvent décarboner leur électricité

Le 21 avril 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'avenir de l'éolien semble assurer en Chine et en Australie.
L'avenir de l'éolien semble assurer en Chine et en Australie.
VLDT

Deux études montrent que ces deux pays accro au charbon peuvent décarboner leur secteur électrique en trois décennies.

Et si les énergies renouvelables pouvaient vraiment sauver le monde? La question a pris un tour moins utopique avec la publication, il y a 4 ans, d’un rapport du Giec[1] montrant que le tiers, voire la moitié de l’énergie mondiale (transport et chauffage compris, donc) pouvait être issue des énergies solaire, éolienne, marine ou de la biomasse.

Le débat a été très récemment relancé en France avec la fuite d’une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Dans ce document, l’agence présidée par Bruno Lechevin montre qu’un scénario 100% énergies renouvelables (ENR) électriques n’est pas déraisonnable à l’horizon 2050. Une conclusion qui a pu motiver la censure du document, le temps que s’achève l’adoption du projet de loi sur la transition énergétique.

90% d’électricité chinoise

La réflexion est lancée tous azimuts. Et donne ses premiers résultats. Commandée par la puissante commission nationale pour le développement et la réforme, une étude prospective établit un nouveau potentiel pour les renouvelables en Chine. En assurant un développement soutenu de l’énergie solaire et de la valorisation de la biomasse, Pékin estime pouvoir satisfaire 60% de sa demande énergétique totale et produire plus de 90% de son électricité à partir d’ENR, vers 2050.

Eolien, solaire et biomasse

A cet horizon, la consommation chinoise d’électricité aura triplé par rapport à celle d’aujourd’hui (elle atteindra 15.000 térawattheures par an[2]). Les seuls parcs éoliens et solaires fourniront 64% du courant, contre 15% pour l’hydroélectricité, 7% pour le charbon[3] et 4% pour le nucléaire.

12 millions d’emplois créés

Le rapport précise aussi que la réussite d’un tel programme passe par de très gros investissements en matière de transport et de distribution d’électricité. «C’est techniquement et économiquement faisable», précisent pourtant les rédacteurs. Et cela pourrait créer 12 millions d’emplois ces trois prochaines décennies.

Décarbonisation totale

Autre pays charbonnier: l’Australie. Aidé du CSIRO (le CNRS local) et de l’Australian National University, Greenpeace publie plusieurs propositions de bouquet électrique. Toujours à l’échéance 2050, ces projets visent la décarbonisation totale du secteur, en empruntant d’autres voies que celles ouvertes par la Chine.

Séquestration géologique du CO2

A terme, Canberra pourrait s’appuyer sur un parc de production essentiellement composé de parcs photovoltaïques géants, de centrales à géothermie profonde et d’unités marémotrice, hydrolienne ou houlomotrice. On ne se débarrassera pas du charbon comme cela[4]! Un quart de la puissance installée tournera au charbon ou à la lignite. Mais toutes ces centrales, à haut rendement, seront dotées de systèmes de captage de CO2. Le gaz carbonique devant être ensuite injecté dans des structures géologiques étanches. D’autres propositions tablent sur un mix électrique totalement renouvelable.

Importants, les investissements nécessaires restent à portée de la dynamique économie australienne. Selon les 4 études compilées par Greenpeace (dont une du Trésor australien), toutes les voies menant à la décarbonisation du secteur électrique «aussie» coûteraient l’équivalent de 0,2% du PNB annuel: 21 milliards d’euros par an. A la limite de l’abordable!



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

[2] L’équivalent de 30 fois la production annuelle française.

[3] Soit une production 4 fois moindre qu’aujourd’hui.

[4] 64% de l’électricité australienne est produite par des centrales au charbon.

 



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