Chèque énergie : bientôt la généralisation

Le 08 décembre 2017 par Olivier Descamps
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Dans les 4 départements en test, 170.000 chèques énergie ont été distribués en 2016 et 2017.
Dans les 4 départements en test, 170.000 chèques énergie ont été distribués en 2016 et 2017.
DR

Le gouvernement a publié en toute discrétion son rapport d’évaluation sur les quatre départements qui ont expérimenté le chèque énergie. La généralisation du dispositif en 2018 ne devra pourtant pas oublier ses recommandations.

Prévu pour le 1er janvier 2018, le remplacement des tarifs sociaux par un chèque énergie fait toujours jaser. Et pas sûr que la publication d’un rapport gouvernemental sur le sujet en début de semaine éteigne les dernières braises. Le texte avait été promis au Parlement par la loi Transition énergétique dans « un délai de trois mois avant le terme de l’expérimentation ». Il faudra pour le moment se contenter d’un document disponible sur le site du ministère. Parmi les sceptiques, l'Union nationale des centres communaux et intercommunaux d'action sociale (Unccas) aimerait que l’on prépare l’échéance du 1er janvier de manière plus sérieuse. D’accord pour la généralisation puisqu’elle semble inéluctable, mais à condition de prendre quelques mesures complémentaires.

170 000 chèques

Dans les grandes lignes, le travail d’évaluation du ministère se veut plutôt optimiste. Quatre départements ont comme prévu testé ce nouvel outil de lutte contre la précarité : l’Ardèche, l’Aveyron, les Côtes d’Armor et le Pas-de-Calais. Sur 2016 et 2017, 170 000 chèques ont été distribués et le taux d’usage a été évalué à 78 %. « Cela correspond à une augmentation d’environ 3 % par rapport au nombre de bénéficiaires des tarifs sociaux », se félicite le rapport. Un sondage réalisé en 2016 montre en outre que « les bénéficiaires ont bien compris le mode d’utilisation du chèque ».

Limiter le non recours

Pour autant, « on peut voir le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide », insiste Hélène-Sophie Mesnage, déléguée générale adjointe de l’Unccas, regrettant que l’on ne se donne pas assez de temps pour valoriser les résultats de ces expériences. En faisant leur propre bilan (qui a alimenté le rapport), les CCAS des quatre départements ont souligné qu’ils avaient besoin d’être mieux informés pour accompagner les bénéficiaires qui par mégarde mettent un chèque à la poubelle car ils les ont assimilés à une publicité quelconque (des cas effectivement rencontrés). Ils ont aussi souligné qu’une véritable opération de communication devait être organisée pour mieux expliquer le dispositif. Ils ont enfin mis l’accent sur la nécessité d’augmenter la valeur de l’aide. « 150 euros en moyenne, cela peut paraître beaucoup, mais c’est peu au regard des factures d’impayés que les habitants présentent au quotidien à leur CCASS », poursuit-elle. Quant à la capacité d’utiliser ces chèques pour des travaux, elle est positive, mais symbolique compte tenu des montants des rénovations. Dans cette expérimentation, neuf chèques sur dix ont d’ailleurs servi à payer une facture d’électricité ou de gaz naturel.

+50 euros

Le rapport intègre plusieurs de ces remarques et fait des propositions (comme l’augmentation du montant du chèque de 50 euros en 2019). Les observateurs espèrent maintenant qu’un réel bilan sera fait dans un ou deux ans pour qu’elles soient réellement prises en compte.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus