Chaude rentrée pour Philippe Martin

Le 11 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'annonce du non-durcissement de la fiscalité du gazole fait rugir les écologistes.
L'annonce du non-durcissement de la fiscalité du gazole fait rugir les écologistes.
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Au cours de sa première intervention devant la presse depuis sa nomination, le ministre de l’écologie a confirmé la création d’une taxe carbone sur les carburants. Mais démenti l’alourdissement de la fiscalité sur le gazole. Ce qui a immédiatement suscité la réaction indignée des écologistes.

La salle des conférences du ministère de l’écologie était comble, ce mercredi matin. Philippe Martin y donnait sa première conférence de presse officielle. Et c’est peu de dire qu’il était attendu. Première sujet: l’installation du conseil national de la transition écologique (CNTE).

Succédant à l’invisible conseil national du développement durable et du Grenelle Environnement, il sera composé de 50 membres, nommés parmi les associatifs, les parlementaires, les élus locaux, les syndicalistes et les entrepreneurs par le gouvernement. Ce nouvel aréopage devra conseiller le gouvernement sur des questions ayant trait à la transition énergétique. Installé cet après-midi, il devrait notamment se saisir du futur projet de loi sur la transition énergétique; un texte qui ne devrait pas être présenté devant le Parlement avant le printemps prochain, a prévenu le ministre de l’écologie.

Des «annonces concrètes»

D’une actualité plus brûlante: la seconde mouture de la Conférence environnementale. Organisée les 20 et 21 septembre prochains, elle sera composée de 5 tables rondes (économie circulaire, gestion de l’eau, emplois et transition écologique, biodiversité marine, éducation à l’environnement). Comme l’an passé, la conférence sera ouverte par le Président de la République et clôturée par le Premier ministre. Jean-Marc pourrait d’ailleurs y faire quelques «annonces concrètes», a promis l’ancien président du conseil général du Gers.

Transparent, le successeur de Delphine Batho a tenu à dresser un rapide bilan des suites de la première conférence. «Sur les 84 mesures proposées, précise-t-il, 24 ont été totalement réalisées et 39 sont engagées.» Dans ces dernières, il faut sans doute inscrire le débat sur la transition énergétique, la réforme de la protection de la biodiversité et celle du Code minier. Parmi les réalisations exemplaires, Philippe Martin mentionne l’interdiction du bisphénol A dans les emballages alimentaires, la poursuite annoncée du moratoire sur les OGM ou la stratégie sur les perturbateurs endocriniens.

Trop de comités Théodule

La Fondation Nicolas Hulot n’a pas tout à fait la même lecture des événements. «Si des avancées notables ont été actées comme l'interdiction du bisphénol A ou le statut des lanceurs d'alerte, d'autres chantiers structurants dont le changement de modèle agricole, la loi sur la biodiversité, la rénovation énergétique ou le déploiement des filières renouvelables doivent s'accélérer.» «Un trop grand nombre d'engagements portent sur la mise en place de comités, de commissions, de groupes de travail», a aussi regretté FNH.

 

Hasard du calendrier, Philippe Martin avait choisi de s’exprimer devant la presse au moment où les ministres des finances et du budget présentaient l’esquisse du projet de loi de finance 2014. Un sujet évoqué, quelques heures plus tôt, lors du conseil des ministres. Sans surprise, Philippe Martin a confirmé que le principe selon lequel la taxe intérieure de consommation (TIC, qui frappe les carburants) comporterait une composante carbone était acté. Le locataire de l’hôtel de Roquelaure a démenti, en revanche, que le texte durcirait la fiscalité du gazole.

Rien sur le gazole

Cette annonce a eu le don d’énerver son collègue, le ministre (EELV) délégué au développement. «Il y a 15.000 morts par an par le diesel, rappelle Pascal Canfin à l'AFP, c'est un cancérigène certain, on ne peut pas ne rien faire sur ce carburant comme on n'a rien fait sur l'amiante.» «Très surpris» par cette annonce, il assure que ni lui, ni Cécile Duflot (EELV, logement) n'étaient au courant de cette disposition qu'ils ont apprise en lisant une dépêche, «malgré des réunions régulières» avec leurs collègues. A l’Assemblée, François de Rugy prend la balle au bond. «Le budget 2014 tel qu'il a été présenté est illisible et pas votable en l'état», a affirmé le coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale. «On a une absence totale de précisions sur la fiscalité écologique», a-t-il déclaré, dénonçant en outre «un très mauvais signal» sur le diesel. La rentrée s’annonce chaude.



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