Chasses traditionnelles : la France bientôt devant la justice ?

Le 02 juillet 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La chasse à la glu est mal considérée par la Commission.
La chasse à la glu est mal considérée par la Commission.

La Commission adresse un avis motivé au gouvernement français, incapable de mettre fin aux chasses traditionnelles d’oiseaux : une pratique interdite depuis 2009.

La Commission européenne ne pouvait choisir meilleur moment. Alors que le gouvernement met en consultation onze projets d’arrêtés qui autoriseront la destruction, avec «des moyens de chasse traditionnelle», de 150.000 oiseaux, l’Europe rappelle que ces pratiques sont interdites précisément par la directive Oiseaux.

L'Europe abrite plus de 500 espèces d'oiseaux sauvages, dont un tiers n’est pas en bon état de conservation. En France, «parmi les 64 espèces pouvant être chassées, seules 20 présentent un bon état de conservation», rappelle l’exécutif communautaire.

Or notre beau pays autorise plusieurs méthodes de capture  — la glu pour les grives et les filets et pièges pour les alouettes et les pigeons —, qui ne sont pas sélectives et sont, à ce titre, interdites par la législation européenne.

espèces menacées

«Les États membres peuvent déroger à certaines dispositions de la directive, mais seulement à certaines conditions strictes, qui ne sont pas remplies en l'espèce, notamment parce que la plupart des espèces capturées ne présentent pas un bon état de conservation», souligne la Commission

La Direction générale de l’environnement s'inquiète aussi de l'autorisation généralisée de la chasse à l'oie cendrée (Anser anser) après que celle-ci a commencé sa migration vers ses sites de reproduction, une pratique également interdite par la directive «Oiseaux».

En juillet dernier, Bruxelles a mis en demeure Paris de mettre ces pratiques en conformité avec le droit de l'Union. Sans effet. En conséquence, la Commission a adressé, ce 2 juillet, un avis motivé à la France. Les services d'Elisabeth Borne ont trois mois pour répondre. Passé ce délai, le champion de la préservation de la biodiversité devra probablement s'expliquer devant la Cour de justice de l'UE.