Chasse aux phoques: Europe et Canada continuent de s’affronter

Le 20 août 2010 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

L’embargo voulu par l’Union européenne pour interdire le commerce des produits dérivés du phoque entre en vigueur aujourd’hui 20 août. Cependant, cette interdiction ne s’appliquera pas aux organisations qui ont déposé un recours devant la Cour européenne de justice (CEJ).

Décidé en juillet 2009, l’embargo résulte de la pression exercée par l’opinion publique, choquée par la cruauté des méthodes utilisées par les chasseurs de phoque canadiens. Les nombreux témoignages photographiques et vidéos montrent en effet des scènes où les animaux sont assommés et débarrassés de leur fourrure vivants, à même la banquise.

Afin de préciser les conditions détaillées pour l’importation et la mise sur le marché de l’Union européenne des produits dérivés du phoque, deux règlements ont été pris. Le règlement du 16 septembre 2009 autorise cependant la chasse « traditionnellement pratiquée par les communautés inuites et d’autres communautés indigènes à des fins de subsistance », ainsi que la chasse « pratiquée dans le seul but de la gestion durable des ressources marines et pour l'importation de produits dérivés du phoque destinés à l'usage personnel des voyageurs ». Depuis le 17 août, un mécanisme réglementaire impose aux organismes reconnus de délivrer des attestations établissant que les produits dérivés du phoque destinés à être commercialisés en Europe remplissent bien les conditions fixées par le règlement de 2009.

Malgré ces dérogations au moratoire, la colère des quelque 6.000 chasseurs concernés est vive. Ils ne croient pas aux exceptions prévues par les textes européens, qu’ils estiment être « un leurre ». Seize organisations[1] dont Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), portent plainte devant la CEJ en janvier 2010. Mais « la juridiction n’a pas encore eu l’occasion d’entendre toutes les parties concernées », selon Maria Kokkonen, une porte-parole de la Commission. Il faudra attendre le 7 septembre pour y voir plus clair.

Le gouvernement canadien, qui soutient ses chasseurs, estime que « l'embargo résulte de la désinformation » et qu'il s'agit d'une décision « basée sur des absurdités émotives, donc irrationnelles ». L’Etat compte bien se tourner vers l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour régler le différend.

Les phoques seront-ils pour autant épargnés ? Pas si sûr, si l’on en croit Denis Longuépée, président de l'Association des chasseurs de phoque des Îles-de-la-Madeleine qui explique que « depuis l'annonce de l'embargo, les chasseurs de phoque ressentent une baisse d’activité, et se tournent davantage vers l'Asie pour compenser cette perte européenne ».



[1] Outre les chasseurs, les plaignants sont des sociétés de commercialisation de produits dérivés du phoque (Groupe canadien de mise en marché du phoque), l'Institut de la fourrure du Canada, le groupe norvégien GC Rieber Skinn AS, ou encore la Conférence circumpolaire inuite (ICC), association basée au Groenland.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus