Changements climatiques made in UK

Le 26 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour ceux qui en doutaient, le Royaume-Uni va considérablement souffrir des conséquences des changements climatiques. Jeudi 26 janvier, le ministère de l’environnement britannique (le Defra) a publié une impressionnante étude sur les effets du réchauffement sur tous les sujets: santé, milieux naturels, vie économique ou agriculture.

En quelque 2.000 pages, les experts détaillent point par point toutes les conséquences qu’un réchauffement conforme aux projections du Giec pourrait occasionner.

Aussi étonnant que cela paraisse, les agriculteurs, les pêcheurs, les professionnels du tourisme ont tout à gagner d’une élévation des températures. Si la disponibilité en eau ne devient pas problématique (ce qui n’a rien d’évident), le rendement de certaines cultures (betterave à sucre, blé, prairies) devrait progresser. Avec des étés plus chauds et moins pluvieux, Albion pourrait devenir une destination touristique de plus en plus attractive, notamment pour les touristes qui ne supporteront pas les trop fortes chaleurs du climat méditerranéen.

Confrontés au déclin des stocks de morues et d’églefins, les pêcheurs à l’Union Jack attendent avec impatience la remontée vers le nord des poissons de Méditerranée.

Last but not least: la réduction du nombre de journées très froides en hiver devrait réduire mortalité et morbidité. En moyenne et selon sa rigueur, l’hiver britannique provoque jusqu’à 57.000 décès prématurés chaque année. Voilà pour les effets bénéfiques du climate change à l’anglaise.

Sous l’effet d’un bouleversement annoncé du régime des précipitations, la Grande-Bretagne pourrait tout à la fois connaître des périodes récurrentes de fortes sécheresses et de nombreux épisodes de crue et d’inondation. Rien qu’en Angleterre et au Pays de Galle, le montant annuel des dégâts des eaux pourrait, vers 2080, être 10 fois supérieur à ce qu’il est actuellement pour tout le royaume.

A la même échéance, 200.000 hectares de terres agricoles pourraient régulièrement se retrouver sous les eaux, soit 4 fois plus qu’aujourd’hui. Une évolution qui n’est pas sans inquiéter les secteurs de l’assurance (les puissantes Lloyds, par exemple), de l’immobilier, de l’exploitation des infrastructures de transport, et de la sécurité sociale. Les services du Defra annoncent, en effet, une explosion de cas de dépressions post-traumatiques chez les Britanniques qui auront tout perdu dans les inondations.

Profitant d’un climat plus clément, de nombreux ravageurs devraient s’attaquer aux cultures et aux forêts. Plus chaud, le climat deviendra, en revanche, détestable pour les personnes souffrant d’affections respiratoires. Le Defra craint une multiplication par 6 du nombre de morts prématurées pour cause de pollution atmosphérique dans la seule région du grand Londres dans une quarantaine d’années.

Les électriciens ne seront pas non plus à la fête. La demande d’électrons devrait diminuer en hiver (il fera plus doux), mais fortement s’accroître en été pour satisfaire aux besoins croissants de climatisation. Problème: pour éviter toute surchauffe de leurs lignes souterraines, les électriciens devront probablement réduire l’offre et donc la demande.

Les prairies humides et les tourbières devraient pratiquement disparaître. Réduisant d’autant les capacités du sol britannique à stocker du carbone. La sécheresse de ces terres humides devrait aussi accroître de 30 à 50%, d’ici la fin du siècle, le risque d’incendie.

Bref, même dans un pays tempéré humide, le réchauffement climatique aura des effets dévastateurs, tant pour la société humaine que pour l’environnement.



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