Changement climatique: les experts en huis-clos à Paris

Le 30 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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Le quatrième rapport du Giec, annoncé comme «alarmant», servira de base scientifique pour les négociations de l'après-Kyoto en 2012. 500 personnes sont réunies à Paris cette semaine.

Des millions de données, 5 ans de travail, des milliers de chercheurs, 30.000 contributions, 552 auteurs et au final, environ 1.000 pages: voilà, en quelques chiffres, ce que représente le quatrième rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) dont il est beaucoup question cette semaine. Réunis à Paris sous l'égide des Nations unies depuis le lundi 29 janvier, 500 délégués sont chargés de synthétiser ce rapport en une dizaine de pages sous la forme d'«un résumé à l'intention des décideurs» adopté par consensus et qui sera remis le vendredi 2 février au terme d'un huis-clos de quatre jours.

Donné vers 10 heures lundi matin, le coup d'envoi de la semaine a eu lieu à l'Unesco en présence du président du Giec Rajendra Pachauri, des co-présidents Susan Solomon et Dahe Qin, du délégué interministériel français pour le développement durable Christian Brodhag, du représentant du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) Alex Alusa, du sous-directeur général de l'Unesco Patricio Bernal et de Jeremiah Lengoasa, sous-directeur de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

«La science peut être une source de lumière pour tout le monde et le Giec est sans doute l'une des torches les plus lumineuses», a déclaré l'océanographe Susan Solomon dans son discours d'inauguration après avoir salué le travail des auteurs du rapport: «75% participent au Giec pour la première fois afin de garantir un regard neuf, et le tiers sont des jeunes, professionnellement parlant, puisqu'ils ont obtenu leur titre de docteur il y a moins de 10 ans», a-t-elle ajouté. «Le travail du Giec est sans équivalent dans d'autres domaines de notre société. Il ne relève désormais plus du principe de précaution mais du principe de prévention», a souligné de son côté Christian Brodhag.

Créé en 1988 par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale, le Giec, est «une courroie de transmission» entre le monde de la recherche et celui des décideurs et ses rapports sont reconnus par les 192 Etats membres de l'ONU. Parus précédemment en 1990, 1995 et 2001, les rapports se composent de trois volets: l'état des connaissances scientifiques sur le climat, les impacts régionaux du changement climatique et l'adaptation des sociétés, l'économie de l'effet de serre et la réduction des émissions. La réunion de Paris porte uniquement sur le premier volet, celui des scientifiques. Le second fera l'objet d'une conférence du 2 au 5 avril à Bruxelles (Belgique). Le troisième sera traité du 30 avril au 3 mai à Bangkok (Thaïlande). Enfin, du 12 au 16 novembre à Valence (Espagne) une synthèse d'ensemble du rapport sera adoptée.

Dans son précédent rapport en 2001, le Giec s'était accordé sur une hausse possible des températures moyennes de la planète de 1,4 à 5,8°C d'ici 2100 par rapport à 1990, selon les scénarios socio-économiques envisagés. D'après les chiffres qui circulaient avant la réunion, les experts pourraient annoncer une augmentation de température comprise entre 2 et 4,5°C, pour un doublement des concentrations de CO2 dans l'atmosphère en 2100 (550 parties par million) par rapport à l'ère pré-industrielle. S'appuyant sur le premier rapport, la communauté internationale a élaboré en 1992 la Convention de l'ONU sur le changement climatique puis, en 1997, le protocole de Kyoto de lutte contre l'effet de serre. Le quatrième rapport servira de base scientifique pour les négociations de l'après-Kyoto en 2012.




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