Changement climatique: comment la mer monte

Le 28 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En 350 ans, la mer est montée de 14 m.
En 350 ans, la mer est montée de 14 m.

Il y a 14.600 ans, le niveau de la mer s’est élevé de presque 14 mètres en seulement 350 ans. Cette élévation impressionnante coïncide avec le début de la première période chaude qui marqua la fin de la dernière glaciation.

De plus, la contribution de la calotte antarctique à cette élévation a été significative. Tels sont les résultats d’une série de travaux réalisés par une équipe du Centre européen de recherche et d'enseignement en géosciences de l'environnement (Cerege), publiés le 29 mars 2012 dans la revue Nature.

Les coraux édificateurs de récifs sont des organismes qui vivent exclusivement dans les eaux tropicales. Très sensibles à la luminosité et à la température, ils croissent à fleur d'eau, dans un intervalle de profondeur très restreint, ce qui en fait de bons marqueurs du niveau de la mer.

L'étude de ces coraux fossiles permet donc de reconstituer les variations du niveau marin et les changements environnementaux passés.

Dans le cadre d'une campagne de forages internationale effectuée en 2005, les chercheurs du Cerege ont carotté trois sites situés dans des récifs coralliens, au large de l'île de Tahiti. En datant ces archives, ils ont pu reconstituer les variations du niveau marin sur les derniers 16.000 ans.

Ces datations mettent en évidence une remontée extrêmement rapide du niveau de la mer au cours de la dernière déglaciation qui s'est déroulée entre -21000 et -11000 environ. Au cours de cette transition, le niveau marin global est remonté d'environ 120-130 mètres en presque 15.000 ans.

Il était déjà acquis que cette augmentation n'avait pas été constante, mais qu'elle avait été ponctuée par des élévations rapides du niveau marin associées à des débâcles massives des calottes de glace. La plus importante de ces hausses, appelée Melt-Water Pulse 1A (MWP-1A), restait cependant par bien des aspects énigmatique.

Les recherches du Cerege confirment l'existence de cet événement climatique majeur, tout en révélant pour la première fois son amplitude, sa chronologie et sa durée.

Le début de la MWP-1A a été daté à 14.650 ans, ce qui fait coïncider cet événement avec la fin de la glaciation dans l'hémisphère Nord. Cette période s'est étalée sur un peu moins de 2.000 ans et a vu la température de l'hémisphère Nord augmenter de près de 5°C en quelques années.

Selon les chercheurs, la remontée du niveau global des océans au cours de la MWP-1A aurait été de presque 14 mètres en seulement 350 ans. La vitesse de la remontée du niveau marin aurait été au minimum de 40 mm/an, vitesse qu'il faut comparer au taux moyen de 10 mm/an estimé pour la dernière déglaciation, ou à celui de 3 mm/an observé aujourd'hui par satellite.

En s'appuyant sur des simulations de modèles géophysiques, les scientifiques ont aussi établi que la calotte antarctique avait contribué très significativement, probablement pour moitié, à la MWP-1A.

Ces travaux, indique le CNRS, illustrent l'instabilité des calottes glaciaires, en particulier de la calotte antarctique, à une perturbation climatique majeure et imposent un regard nouveau sur la contribution future de la calotte antarctique à la remontée du niveau des mers dans le contexte actuel de réchauffement climatique.

 



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