Chaleur renouvelable : la filière inquiète

Le 01 décembre 2017 par Olivier Descamps
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La chaleur renouvelable a de grandes ambitions. Mais de petits moyens regrettent ses principaux acteurs.
La chaleur renouvelable a de grandes ambitions. Mais de petits moyens regrettent ses principaux acteurs.

Alors que le Fonds chaleur ne devrait pas évoluer en 2018, l’Ademe tente de remplacer une partie de ses subventions par des aides remboursables. Une option justifiée par l’augmentation de la fiscalité carbone. Mais contestée par les collectivités et les professionnels.

C’est une information révélée par nos confrères d’Enerpresse dans leur numéro du 1er décembre. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) envisage sérieusement de redéfinir ses aides aux projets de chaleur renouvelable ou de récupération pour que 30 % de leur montant global prenne la forme d’avances remboursables et non plus de subventions. La filière applaudirait si l’objectif était d’augmenter le niveau global de soutien. Elle craint surtout que ce soit une manière de réduire la voilure (en partant du principe que l’augmentation de la fiscalité carbone va à elle seule permettre d’améliorer la compétitivité de la chaleur renouvelable).

Rythme impossible à tenir

Même si la porte des négociations n’est pas fermée, « plusieurs conventions en cours prévoient déjà ces avances remboursables », remarque Pascal Roger, président de la fédération qui rassemble les entreprises du secteur (Fedene). Pas question de jeter la pierre à l’Ademe qui tente comme elle peut d’équilibrer un budget dicté par Bercy. En 2017, le Fonds chaleur est passé de 220 M€ à 200 M€ et l’agence a été contrainte d’en passer par cette innovation à Aurillac, à Amiens ou à Lyon. « Il y a eu un démarrage au cas par cas, mais on refuse de faire de ces 30 % une règle », prévient Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce… Sur la même longueur d’onde que le Syndicat des énergies renouvelables ou que la Fedene pour dire que les objectifs ne seront jamais tenus si l’on ajoute sans cesse de nouvelles règles. Côté production, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit huit millions de tonnes équivalent-pétrole soient effacées en 2023… Dont cinq avec la chaleur.

Impossible doublement

Problème. L’histoire récente montre plutôt un essoufflement des projets. « Leur rythme est bien inférieur à ce qu’il devrait être », explique Nicolas Garnier. « Les retards vont s’accumuler », abonde Pascal Roger, pas rassuré par le projet de loi de finances 2018. « Il va se traduire par une réduction d’autorisations d’engagement qui ne sont déjà pas cohérentes avec les objectifs », insiste-t-il. Alors que le doublement du Fonds chaleur est annoncé depuis plusieurs années et que le président de la République a repris la promesse à son compte, tous demandent au contraire une augmentation rapide des niveaux d’aide pour atteindre les objectifs fixés par la PPE.



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