Chalarose du frêne: la chasse aux arbres sains est ouverte

Le 19 avril 2018 par Marine Jobert
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Un houppier attaqué par la chalarose.
Un houppier attaqué par la chalarose.
@Inra

Une application permettra bientôt au grand public de signaler les frênes qui, bien qu’ayant été en contact avec le champignon, sont arrivé à maturité sans ambages. Une façon de constituer une base de données des arbres génétiquement capables de résister à ce fléau qui fragilise la forêt française.

Les feuilles flétrissent, comme sous l’effet du manque d’eau. Du houppier émergent des branches sèches et à la base du tronc apparaissent des nécroses, dans lesquelles s’installent d’autres parasites. Voici les effets visibles de la chalarose, ce redoutable champignon venu d’Asie et entré par la Haute-Saône en 2008, qui prospère au nord d’une ligne Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) jusqu’au sud des Charentes. Sur les trois espèces autochtones, ce sont les frênes à feuilles étroites (Fraxinus angustifolia) et le frêne commun (Fraxinus excelsior) qui paient le plus lourd tribut. Tous les paysages sont touchés et toutes les classes d’âge sont concernées. Si le milieu forestier a réagi avec vigueur, «il y a carence dans le secteur hors forêt», alerte Arnaud Dowkiw, chargé de recherche à l'UMR BioForA de l’Inra Val-de-Loire (site d'Orléans)[1], dont il co-anime le Pôle d'Amélioration.

Une autre menace pointe à l’horizon: l’agrile du frêne, un coléoptère qui a fait des ravages dans les frênaies d’Amérique. Il a été détecté pour la première fois en Europe dans les environs de Moscou. La détection précoce de l'agrile du frêne chez les arbres nouvellement infestés est délicate, puisqu’ils présentent peu ou pas de signes et symptômes externes visibles d'infestation.

Des arbres sains et locaux

A la fin de l’année, une application va être proposée au grand public pour, dans un premier temps, informer sur l’existence même de la maladie. Même si l’ONF[2], en août 2016, a fermé au public 5 forêts domaniales du Nord et du Pas-de-Calais, le message n’a pas diffusé hors des milieux forestiers. «Les gens prennent conscience du problème quand la maladie est arrivée», regrette Arnaud Dowkiw. Le spécialiste des interactions entre les arbres et les maladies causées par les champignons espère, dans un deuxième temps, lancer une sorte de grande chasse à l’arbre sain parmi les particuliers. «2 à 3% des arbres qui ont été exposés à la maladie présentent un niveau de résistance suffisant pour arriver à maturité, explique le sélectionneur. Le but est de constituer un pool de frênes résistants, tout en maintenant une diversité génétique.» Pour ce faire, il faudra en étudier des milliers, anticipe le scientifique. Une base de données sera ainsi constituée, dans laquelle les spécialistes iront piocher au gré des demandes. Mais le jeu en vaut la chandelle, «à une époque où la demande en végétal local est de plus en plus forte».



[1] Inra: Institut national de la recherche agronomique

[2] ONF: Office national des forêts

 



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