CFC: une production illicite demeure

Le 17 mai 2018 par Romain Loury
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La couche d'ozone de nouveau menacée?
La couche d'ozone de nouveau menacée?

Interdits par le protocole de Montréal, les chlorofluorocarbures (CFC) font-ils leur retour en douce? Dans la revue Nature, une équipe de l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) révèle que la production de l’un d’entre eux, le CFC-11, aurait augmenté depuis 2012.

 

Impliqués dans le trou de la couche d’ozone, les CFC ont été interdits par le protocole de Montréal, signé en 1987, et qui prévoit l’arrêt de la production en 1995 et de leur utilisation en 2010, excepté pour quelques usages indispensables (par exemple en médecine). Quant aux HCFC, leur utilisation est interdite depuis 2017.

Une baisse moins rapide

Depuis les années 1990, on observe ainsi une forte baisse de la production et de la présence atmosphérique des trois principaux CFC, à savoir le CFC-11, le CFC-12 et le CFC-113. Or pour la première fois, des chercheurs révèlent que le premier d’entre eux verrait, contre toute attente, sa production augmenter.

L’équipe de James Elkins, climatologue au Earth System Research Laboratory (NOAA, Boulder, Colorado), a mesuré la présence de ce CFC à l’observatoire de Mauna Loa, à Hawai. Alors qu’entre 2002 et 2012, sa teneur atmosphérique a baissé de manière constante, ce déclin s’est nettement ralenti depuis, de l’ordre de 50%.

Hausse de 25% de la production

Comment expliquer ce phénomène? Par une reprise des émissions, indiquent les chercheurs. Selon leurs calculs, la production de CFC-11 aurait ainsi augmenté de 25% depuis 2012 par rapport à la moyenne 2002-2012, pour atteindre désormais 65.000 tonnes par an au niveau mondial –contre un pic de production d’environ 430.000 tonnes dans les années 1980. Ce qu’ils expliquent par l’existence de producteurs non déclarés, en violation du protocole de Montréal.

Une production asiatique?

Le fait que ces tendances aient pu être mesurées à Hawaii suggère, selon l’équipe, que cette source cachée se situe quelque part dans l’est de l’Asie. Cette reprise, si elle n’était pas rapidement stoppée, pourrait freiner la reconstitution de la couche d’ozone.

En mars 2014, des climatologues avaient déjà révélé la présence dans l’air de CFC et de HCFC jusqu’alors non répertoriés, là aussi sans que leur provenance soit connue.



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