CESE: «Savoir prévenir, pour ne pas avoir à guérir»

Le 14 février 2012 par Geneviève De Lacour
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Au moment où le scandale de l’amiante refait la couverture des journaux avec le procès Eternit en Italie (voir JDLE), les membres du Conseil économique, social et environnemental (CESE) s’interrogent sur la politique française de prévention en matière de santé, dans leur dernier rapport, publié aujourd’hui 14 février.

Pour le CESE, la prévention reste l’un des défis majeurs d’une politique de santé encore trop centrée sur le curatif. L’impact de l’environnement et des conditions de vie est encore trop peu pris en compte par les politiques de santé. Le saturnisme persiste, la pollution atmosphérique serait responsable de 30.000 décès par an. Les inégalités sociales et régionales d’accès à la santé demeurent et l’espérance de vie d’un cadre à 35 ans est toujours supérieure de 6,3 ans à celle d’un ouvrier.

Pour Jean-Claude Etienne, ancien député UMP de la Marne, co-rapporteur de ce rapport avec Christian Corne, membre de la section des affaires sociales et de la santé au CESE, la prévention mérite de retrouver sa place en France. «Nos concitoyens sont de plus en plus en recherche de sécurité, de contrôle du risque.» Les maladies chroniques comme l’obésité, les maladies cardio-vasculaires, la maladie d’Alzheimer sont de plus en plus présentes et «avec l’allongement de la durée de la vie, ces maladies vont couter de plus en plus cher».

Les deux conseillers proposent donc de faire de la recherche en épidémiologie une priorité: «C’est un sujet pour lequel, en France, le bât blesse. Or l’épidémiologie est à la base d’une prévention efficace, qui s’appuie sur des éléments rigoureux, des faits scientifiques.» Avant d’ajouter: «Sans épidémiologie, pas de prévention». Une population «à risque» exposée à des facteurs aggravants sera plus encline à développer la maladie. Réussir à définir les facteurs génétiques et environnementaux qui interviennent dans l’apparition de la maladie est l’objectif à atteindre.

Dans le cas du cancer du sein, par exemple, les scientifiques ont découvert que l’exercice physique régulier et la perte de poids réduisent les risques de récidive. «Mais il faut prouver que ces techniques sont véritablement efficaces. Il faut définir le service médical rendu par de telles expertises», expliquent les deux membres du CESE.

Pour mettre en œuvre une prévention plus efficace, ils proposent également la mise en place d’une nouvelle gouvernance simplifiée avec un message auprès de la population plus simple, une formation à la prévention pour les professions médicales, et une gestion interministérielle des dossiers entre le ministère de la santé, celui de l’environnement, du travail ou du transport.

Les deux hommes ont aussi souligné les lacunes actuelles de la politique de santé, comme la mauvaise identification des financements affectés à la prévention: 5,9 milliards d’euros y ont été consacrés en 2009, auxquels s’ajoutent 5,7 milliards de dépenses, comptabilisées au titre du curatif. «Il faut mieux structurer la gouvernance pour éviter les doublons en matière de dépenses

Mieux vaut prévenir que guérir, mais surtout «il faut savoir prévenir pour ne pas avoir à guérir», conclut Jean-Claude Etienne, qui estime que la médecine a pêché par manque d’humilité. Face à une médecine traditionnelle qui est dans la performance technique curative, les médecines alternatives participent aussi à la prévention, selon le professeur de médecine.

 

 

 



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