Ces mycotoxines qui se cachent

Le 18 décembre 2014 par Romain Loury
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Fusarium, champignon parasite du maïs
Fusarium, champignon parasite du maïs
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Les enfants pourraient être surexposés à certaines mycotoxines, substances produites par des champignons attaquant les plantes, révèle l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un avis publié le 11 décembre. Et ce à cause des mycotoxines «masquées», difficiles à détecter.

Aflatoxines, ochratoxine A, zéaralénone, fumonisines… présentes sur les fruits secs et les céréales, ces mycotoxines ne poseraient pas de grand problème de santé publique, considérait l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) lors de sa grande Etude de l’alimentation totale (EAT2) de 2011. Il n’y avait que pour le déoxynivalénol qu’un risque «ne pouvait être écarté», en raison de dépassements de la valeur toxicologique de référence (VTR).

C’était sans compter sans les mycotoxines «masquées», qui se retrouvent «dans les plantes ayant eu une réaction de défense contre une infection par un champignon [producteur de la mycotoxine] ou qui sont produites par le champignon lui-même», explique l’Efsa. Rarement détectées par les méthodes classiques, elles n’en sont pas moins ingérées par le consommateur.

Or pour la zéaralénone, le taux de toxine modifiée serait équivalent à celui de la toxine inchangée: il faudrait donc doubler le taux mesuré pour avoir une idée, approximative, de la quantité de zéaralénone réellement consommée. Et en termes de risque, cela pourrait un peu changer la donne.

Trop de fumonisines chez les enfants

Malgré tout, l’avis de l’Efsa, le premier à porter sur les mycotoxines modifiées, se montre plutôt rassurant. Parmi les rares bémols, la zéaralénone: dans la gamme haute de contamination, les 5% de consommateurs en ingérant le plus pourraient être 2,7 fois au-dessus de la dose journalière admissible (DJA).

Le risque semble un peu plus concret chez les enfants, en particulier pour les fumonisines: 66% de ceux âgés de 1 à 3 ans pourraient dépasser la DJA dans une hypothèse haute de contamination, contre 59% des enfants de 3 à 10 ans, révèle l’Efsa, qui y voit un risque sanitaire potentiel.

En avril dernier, la France avait demandé une dérogation à la Commission européenne pour rehausser temporairement les valeurs maximales de mycotoxines tolérées dans le maïs, en raison de niveaux particulièrement élevés de mycotoxines dans la récole de 2013. Ce qui équivalait à augmenter de 83% l’exposition de la population à la zéaralénone.



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