Ces grands projets inutiles imposés…

Le 04 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Notre-Dame-des-Landes accueillera le 2e Forum européen
Notre-Dame-des-Landes accueillera le 2e Forum européen

 Le lieu est symbolique. Du 7 au 11 juillet se tiendra le deuxième forum européen contre les grands projets inutiles et imposés, à Notre-Dame-des-Landes. A l’endroit même où l’aéroport tant controversé doit être implanté.

Après l’Italie en 2011, la manifestation sera organisée par l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa). Elle aura pour but de dénoncer «ces projets qui fleurissent un peu partout au sein de l'Union européenne», et sera l’occasion «de définir ce qu'est exactement un grand projet inutile imposé».

«Partout en Europe, des projets pharaoniques, dépassés, dévoreurs de biodiversité, de terres agricoles et de subventions publiques et ne répondant pas à de réels besoins des populations mais à ceux d’un système productiviste, se font concurrence dans la course à la croissance et à la fuite en avant, ayant d'énormes conséquences écologiques, économiques et sociales», déclare un collectif regroupant, entre autres, Agir pour l’environnement, les Amis de la terre, Attac. Ce collectif, présent au forum, a organisé une conférence de presse le 3 juillet pour présenter la manifestation.

L’occasion de revenir sur la situation actuelle à Notre-Dame-des-Landes. «Le gel des expulsions décidé juste avant la nomination de Jean-Marc Ayrault à la tête du gouvernement nous permet de gagner au moins deux ans au niveau de la procédure. Mais ce n’est pas un moratoire, malgré ce qui a été écrit dans la presse», explique Geneviève Coiffard-Grosdoy d’Attac.

Un collectif qui demande à la fois que l’argent public ne finance pas ce genre de projet inutile mais aussi qu’une évaluation socio-écologique soit réalisée au préalable –mesure prévue par le schéma national des infrastructures de transport (Snit), un outil issu du Grenelle de l’environnement. Il exige enfin une exemplarité au niveau de la gouvernance, craignant le passage en force de décisions prises par les grands corps d’Etat, sans consultation des populations locales.

«Nous demandons à Jean-Marc Ayrault de la responsabilité dans les dépenses publiques», complète Stephen Kerckhove d’Agir pour l’environnement. Le coût de Notre-Dame-des-Landes est estimé à 500 millions d’euros dont la moitié proviennent de financements publics. «La bataille pour ces 2.000 hectares de bocage est essentielle: artificialisation des terres, accaparement de terres agricoles au nord et au sud du site, expulsions d’agriculteurs», estime pour sa part Aurélie Trouvé, d’Attac.

«Ces grands projets arrivent à voir le jour par absence de débats démocratiques», précise Stephen Kerckhove, en citant l’EPR de Flamanville, Iter, le centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, la ligne très haute tension (THT) Maine-Cotentin, le projet Astrid (voir JDLE), ou l’autoroute A65 entre Pau et Langon. 

Des associations qui vont jusqu’à s’interroger sur leur présence à la prochaine conférence environnementale organisée par le gouvernement à la rentrée. «Il n’est pas question que nous participions à cette conférence alors que dans le même temps, les bétonneurs continuent à artificialiser le pays.» Ces associations s’interrogent également quant à la qualité des futurs débats sur les alternatives à la croissance.

Le collectif souhaite que soit mis en avant, lors de ce forum, des solutions locales et soutenables, «au lieu de se ruer toujours plus loin dans la construction de grandes infrastructures de transport, dans l'urbanisation à outrance ou encore dans la construction de complexes poussant à la surconsommation»; des solutions concrètes, alternatives «à une société basée sur la surconsommation et le profit».

Le forum sera l’occasion d’accueillir des associations venant de toute l’Europe: des opposants à l’EPR finlandais, des opposants italiens à la ligne TGV Lyon-Turin (TAV), mais aussi des associations allemandes, grecques, espagnoles, etc.

Quant à la poursuite de la lutte à Notre-Dame-des-Landes, «nous allons tout faire pour retarder le projet. Plus le temps passe et plus il apparaîtra comme fou et décalé», estime Geneviève Coiffard-Grosdoy, avant de conclure avec optimisme: «Le temps joue avec nous».

 

 



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