Ces additifs qui échappent à la FDA

Le 16 avril 2014 par Romain Loury
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Il y a des limites au GRAS...
Il y a des limites au GRAS...
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La Food and Drug Administration (FDA) dispose d’une faille dans son système de reconnaissance des additifs alimentaires, ce qui permet à nombre d’entre eux d’échapper à toute évaluation poussée, selon un rapport publié le 7 avril par l’association National Resources Defense Council (NRDC).

 

Mis en place en 1958 dans le cadre du Food Additives Amendment, le système GRAS («Generally Recognized As Safe») certifie qu’un additif ne pose pas de problème sanitaire pour la santé humaine.

Selon le NRDC, les éléments en faveur du GRAS sont fournis à la FDA, qui les évalue. Mais si l’entreprise sent un vent mauvais pour son produit, elle peut très bien décider d’interrompre l’évaluation en cours, la FDA n’ayant alors d’autre choix que d’annoncer cette décision sans en expliquer les raisons.

Or cela n’empêche pas l’entreprise de commercialiser son produit pour un usage alimentaire, sans que la FDA n’ait rien à y redire, déplore celle-ci. C’est par exemple ce qui est arrivé pour quelques additifs bien connus, tels la théobromine, l’épigallocatéchine-3-gallate (EGCG), l’acide gamma-aminobutyrique (GABA), ainsi que la farine, les protéines et les fibres de lupin.

A l’origine, ce système servait à exempter d’une évaluation inutile des ingrédients aussi courants que le vinaigre ou les huiles végétales, explique le NDRC. La situation est devenue plus complexe depuis la fin des années 1950, le nombre d’additifs étant passé de 800 à 10.000. Ce qui ne devait être qu’une exception censée faciliter la tâche de l’agence a finalement «avalé la loi», déplore l’association.

Generally Recognized as «Secret»

Selon des relevés opérés par elle, 275 agents chimiques fabriqués par 56 entreprises seraient ainsi concernés. L’association craint toutefois que ce ne soit que «la partie émergée de l’iceberg», évoquant un millier d’additifs concernés par ce système qu’elle rebaptise «Generally Recognized As Secret». Soit un additif sur dix pour lesquels les données de sécurité échappent à tout examen sérieux.

Selon l’association, «un additif ne peut pas être qualifié de GRAS si son identité, sa composition chimique et son profil de sécurité ne sont pas rendus publics». Si la FDA ne dispose pas de document à ce sujet, «elle ne peut pas accomplir son travail», poursuit le NRDC. Espérant voir cette faille bientôt comblée, il appelle les consommateurs à exiger de l’industrie agroalimentaire que tous leurs ingrédients soient vraiment reconnus sûrs par la FDA –et non parce qu’ils lui ont échappé.



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