Ces 66 espèces qui menacent l’Europe

Le 14 décembre 2018 par Romain Loury
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Le poisson à tête de serpent
Le poisson à tête de serpent

Pas encore envahissantes, mais presque: dans une étude publiée mercredi 12 décembre dans Global Change Biology, des chercheurs dressent une liste de 66 espèces exotiques, animales et végétales, dont l’arrivée prochaine dans l’UE poserait pour celle-ci une grave menace pour la biodiversité.

Après l’entrée en vigueur d’un règlement de 2014 visant à lutter contre les espèces exotiques envahissantes, la Commission européenne publiait, en juillet 2016, une première liste de 37 espèces jugées préoccupantes, animales et végétales.

Or le terme envahissant signifie qu’elles sont déjà présentes sur le territoire européen. La prévention étant la meilleure des luttes, Helen Roy, du Centre d’écologie et d’hydrologie de Wallingford (Royaume-Uni), et ses collègues se sont intéressé aux espèces n’ayant pas encore débarqué dans l’UE, mais dont l’arrivée, probable au cours de la prochaine décennie, pourrait bouleverser la biodiversité européenne.

66 espèces préoccupantes

Dans leur étude, ils ont analysé 329 espèces pour l’instant absentes de l’UE, leur décernant un score selon leur probabilité d’arrivée, d’implantation, de propagation et de dommages importants aux espèces autochtones. Bilan: 66 espèces sont jugées préoccupantes, dont 8 sont de risque «très élevé», 40 de risque «élevé» et de 18 de risque «intermédiaire».

Parmi les huit affreuses, figurent au premier rang le poisson à tête de serpent (Channa argus), originaire de Chine. Bien implanté dans les zones humides du Japon et aux Etats-Unis, il y décime les poissons locaux. Egalement de Chine, la moule Limnoperma fortunei chamboule la chaîne alimentaire des eaux douces, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Amérique du Sud.

Toujours en eau douce, la très agressive écrevisse à tâches rouges (Orconectes ructicus), des Etats-Unis, s’est rapidement implantée au Canada, où elle surpasse ses cousines locales par sa capacité à fuir les prédateurs.

Eaux douces, eaux salées

Côté marin, le poisson-chat rayé (Plotosus lineatus) de l’Océan indien, très venimeux, est apparu en 2002 en Méditerranée. Progressant rapidement le long de ses côtes orientales, il affaiblit fortement les écosystèmes locaux, au même titre que le poisson-lapin -lui aussi une espèce dite «lessepsienne», car ayant franchi le canal de Suez.

Toujours en Méditerranée orientale, l’algue verte Codium parvulum bouleverse les écosystèmes marins, dont elle est considérée comme une espèce architecte du fait de son rôle crucial dans leur structure et leur fonction.

Aussi une espèce clé dans les milieux marins qu’il occupe, l’escargot pantoufle en onyx (Crepidula onyx) est originaire de Californie, mais a envahi l’Asie. Même risque pour le bivalve Mytilopsis sallei, des côtes pacifiques du Panama, devenu dominant dans de nombreuses zones d’Asie et d’Australie.

Un seul mammifère

Seul mammifère et animal terrestre de la bande, l’écureuil fauve (Sciurius niger) du centre et du sud des Etats-Unis envahit peu à peu l’ouest du pays, y délogeant rapidement ses cousins, dont l’écureuil occidental et l’écureuil de Douglas.

Selon les chercheurs, ces 66 espèces, venues d’Asie, d’Amérique du Nord ou du Sud, pourraient arriver accrochées soit à des bateaux (pour les aquatiques), soit à des biens de consommation (pour les terrestres). Parmi les zones d’Europe les plus menacées, la Méditerranée, les côtes atlantiques et la Macaronésie (Madère, Açores, Canaries).



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