Ces 21 maladies animales exotiques qui menacent la France

Le 30 mai 2012 par Romain Loury
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L'Anses préconise un recensement de tous les élevages français
L'Anses préconise un recensement de tous les élevages français

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dresse une liste de 21 pathogènes exotiques prioritaires, agents de maladies animales contre lesquels la France doit mieux s’armer.

Fruits d’une auto-saisine, l’avis et le rapport de l’Anses font écho à plusieurs crises sanitaires liées à des pathogènes jusqu’alors inconnus en France, dont la fièvre aphteuse en 2001, la grippe aviaire H5N1 en 2006 et la fièvre catarrhale ovine en 2007-2008.

A l’origine de leur émergence, «l’intensification des systèmes de production liée à l’augmentation de la consommation de produits d’origine animale, la globalisation des échanges, l’évolution des systèmes naturels et cultivés, ainsi que celle des écosystèmes favorables aux vecteurs de maladies», explique l’agence.

Restreint à 4 filières d’animaux (porcs, volailles, chevaux, ruminants), le rapport se penche sur 62 maladies exotiques, classées en trois groupes selon l’importance du risque en France. Dans le premier figurent la fièvre aphteuse, la grippe aviaire, la fièvre catarrhale ovine, la peste porcine classique, la maladie hémorragique épizootique des cervidés, la peste porcine africaine, la fièvre du Nil occidental, la brucellose à B. melitensis et l’encéphalite à virus Nipah.

Quant au deuxième groupe, il compte entre autres l’encéphalite japonaise, la fièvre de la vallée du Rift, la peste équine, la rage, la fièvre hémorragique Crimée Congo, la peste des petits ruminants ou encore l’encéphalite équine vénézuélienne.

Si la France possède un dispositif de surveillance «globalement performant», l’Anses juge «souhaitable» plusieurs améliorations. Notamment «un recensement et un géo-référencement de tous les élevages», un renforcement de leur biosécurité, ou encore la formation de nouveaux vétérinaires référents -«par filière et/ou par maladie selon les cas».

L’Anses propose la mise en place d’un laboratoire national de référence (LNR) pour chacune des 21 maladies des premier et deuxième groupes de risque, voire un plan d’urgence, à tester par des exercices de simulation.

Afin d’empêcher l’entrée d’un pathogène, l’agence conseille de durcir le contrôle aux douanes, avec une déclaration sur l’honneur de non-introduction de certains produits d’origine animale ou d’animaux vivants, comme le font les Etats-Unis. En termes de surveillance épidémiologique, «des mesures de caractère moins contraignant pour les éleveurs» devraient être adoptées pour les suspicions de faible niveau, afin de les encourager à déclarer les cas potentiels.

Concernant la prévention, l’Anses propose de mettre en place des banques européennes de vaccins contre les maladies les plus menaçantes, notamment la fièvre catarrhale ovine. Ou, au minimum, d’«anticiper» un choix de fournisseurs potentiels pour les vaccins actuellement disponibles à l’étranger, afin d’en disposer rapidement.

Trop récent pour être inclus dans le rapport, le virus de Schmallenberg, apparu durant l’été 2011 en Allemagne, est le dernier pathogène exotique en date. Depuis les premiers cas français rapportés début janvier, il a atteint 1.829 élevages dans le pays, dont 1.128 d’ovins, 684 de bovins et 17 de caprins, selon le dernier bilan officiel dressé le 29 mai.



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