Centrales électriques: le Medd défend ses mesures

Le 26 juillet 2006 par Claire Avignon
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Les associations écologiques critiquent sévèrement les mesures gouvernementales relatives aux rejets d’eau des centrales électriques. De son côté, le ministère chargé de l’environnement (Medd) estime avoir pris toutes les précautions nécessaires pour limiter les impacts environnementaux.

Fermer les centrales électriques, surtout nucléaires. Voilà ce que proposent certaines ONG devant le problème posé par la canicule. Les ressources en eau étant faibles et la température de tous les cours d'eau très élevée, EDF a obtenu du gouvernement l'autorisation de prélever et de restituer l'eau de refroidissement de ses centrales (nucléaires et thermiques) à des températures légèrement supérieures aux normes en vigueur; comme cela a déjà été le cas en 2003. Ce qui met hors d'elles les associations écologiques. «On joue avec la vie aquatique», estime Nelly Boutinot, vice-présidente de la ligue Roc, une association présidée par Hubert Reeves.

Mais au Medd, on assure avoir obtenu des garanties importantes. «Centrales en fonctionnement ou pas, les cours d'eau français atteignent tous des records, explique-t-on au cabinet de Nelly Olin. Un risque de surmortalité des poissons existe bien. Avec le dispositif décrit dans l'arrêté qui vient d'être publié (1), nous avons imposé que les installations électriques n'entraînent pas une surmortalité supplémentaire.»

D'abord, par rapport à 2003, l'arrêté de 2006 contient une modification de taille: «Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité doit prouver que la sûreté du réseau est en cause, indique le ministère. Si ce n'est pas le cas, EDF devra alors fermer sa centrale.» Une option trop restrictive pour la ligue Roc et le réseau Sortir du nucléaire qui préféreraient une fermeture définitive de toutes les centrales.

Par ailleurs, la ministre en charge de l'environnement a obtenu d'autres conditions plus sévères qu'en 2003, notamment pour la Garonne, le fleuve qui pose le plus de problèmes. L'écart de températures entre l'amont et l'aval des installations situées sur le cours d'eau ne doit pas dépasser 0,3°C, «ce qui correspond à l'erreur de mesure de la température», indique-t-on au ministère.

Autre mesure prise par la ministre chargée de l'environnement: le renforcement de la surveillance de la faune aquatique dans le voisinage des centrales par les Directions régionales de l'environnement (Diren). Ainsi, un bilan pourra être fait pour connaître l'impact de l'arrêté sur les poissons. En 2003, l'Etat et EDF avaient conclu à une absence d'effets, en montrant que la mortalité des poissons à l'aval des usines était comparable à celle en amont. Ce que conteste Sortir du nucléaire qui parle d'un «faux bilan».

Au-delà des effets à court terme, c'est surtout le long terme qui inquiète Nelly Boutinot. «Une fois, ça va, deux fois, passe encore, mais trois fois, bonjour les dégâts! Nous nous inquiétons surtout pour le futur, où les périodes de canicule pourraient se succéder de plus en plus rapidement.» C'est pourquoi l'association de protection de la nature demande que des équipes de recherche s'emparent du sujet. Mais pour le moment, le ministère n'a rien annoncé de tel.



(1) Arrêté du 22 juillet 2006 relatif aux conditions exceptionnelles de rejets d'eau des centrales de production d'électricité, JO n° 169 du 23 juillet 2006 page 11028




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