Centrale de Chinon: vers plus de rejets

Le 25 juillet 2005 par Charlotte Monégier
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Après l'avis favorable du Conseil départemental d'hygiène d'Indre-et-Loire rendu le 21 juillet, l'arrêté interministériel relatif aux rejets de nitrates et de nitrites de la centrale de Chinon va être modifié pour permettre une meilleure maîtrise du risque de prolifération de légionelles.

Le 21 juillet, le Conseil départemental d'hygiène (CDH) d'Indre-et-Loire a donné un avis favorable à la modification de l'arrêté interministériel relatif aux rejets de nitrates et de nitrites pour la centrale nucléaire de Chinon. Il imposait à Electricité de France (EDF) une limite à ne pas dépasser, au risque de polluer l'environnement. Le nitrate, qui est un sel de l'acide nitrique, peut en effet s'avérer très toxique. Une fois présent dans l'organisme humain, il se transforme en nitrite, puis en nitrosamines cancérogènes, qui peuvent être mortelles pour les enfants et les personnes les plus faibles. Le nitrite, quant à lui, est encore plus nocif pour l'homme et l'environnement. Le CDH a accepté la modification de cet arrêté à la demande d'EDF. Les tours aéroréfrigérantes de la centrale, qui refroidissent les eaux usées sortantes, facilitent la prolifération de légionelles. Ces bactéries se développent entre autres dans les eaux stagnantes des systèmes hydriques et provoquent à terme des infections pulmonaires aiguës chez les organismes vivants. Pour les stopper, il faut mettre en place un traitement biocide au sein même des tours. «A Chinon, EDF pratique encore le système de la chloration», indique Yves Boulaigue, de la sous-direction des réacteurs de puissance à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ce système, qui consiste en la dilution d'eau de javel dans les tours une fois par semaine, ne rejette ni nitrate ni nitrite. Mais il n'est pas forcément le plus adapté pour combattre le phénomène des légionelles.

Un autre traitement biocide a donc été conçu, celui de la monochloramine. Nettement plus efficace et surtout, continu, il permet une meilleure élimination de ces bactéries, tout en ayant un impact moindre sur l'environnement, du fait de l'absence d'eau de javel. Il reste cependant un problème: ce procédé dégage des nitrites et des nitrates en quantité telle que le seuil fixé par l'arrêté est dépassé. EDF s'est donc trouvée en infraction. «Elle a présenté un dossier en janvier dernier pour régulariser sa situation, demandant à ce que soit relevée la limite de nitrates et de nitrites autorisés», reprend Yves Boulaigue. Dans ce dossier, EDF justifie sa demande en présentant une étude d'impact relative à différents scénarios de rejet. Le traitement à la monochloramine y apparaît clairement comme étant le plus respectueux de l'environnement. Le nouvel arrêté devrait être signé durant les premiers jours d'août entre les délégataires des ministères de l'environnement, de la santé et de l'économie, des finances et de l'industrie, et les représentants de la centrale nucléaire de Chinon. Il disposera en détails des valeurs limites autorisées et de l'obligation d'une surveillance permanente des rejets de nitrates et de nitrites.


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