Center Parcs: la région Rhône-Alpes change d’avis

Le 15 décembre 2014 par Stéphanie Senet
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Entre 110 et 120 hectares de zones humides seront détruits ou privés de leurs fonctionnalités
Entre 110 et 120 hectares de zones humides seront détruits ou privés de leurs fonctionnalités

Cinq ans après avoir approuvé un financement de 7 millions d’euros, la région Rhône-Alpes a finalement fait marche arrière, rejetant le 12 décembre un vœu de soutien au projet de Center Parcs dans la forêt de Chambaran (Isère), présenté par le groupe Union de la droite et du centre (UDC).

Ce vœu avait pour but de réaffirmer le soutien de la région au projet «qui fait l’objet d’un blocage de la part d’une toute petite minorité d’anarchistes qui multiplient les actions illégales et parfois violentes sur le chantier», écrivent les conseillers UDC. Il a été rejeté par 87 voix, tandis que 58 conseillers ont voté en sa faveur, 5 se sont abstenus et 6 n’ont pas participé au vote.

 

7 M€ accordés en 2009

Face à la médiatisation croissante du projet et à l’occupation d’une nouvelle zone à défendre (ZAD), le conseil régional a donc changé d’avis. En juillet 2009, il avait en effet adopté une délibération accordant jusqu’à 7 millions d’euros au groupe Pierre & Vacances. Une enveloppe qui se composait de 3,5 M€ pour «la prise en compte des surcoûts liés au développement des énergies renouvelables et à la maîtrise de l’impact environnemental du projet», 1,5 M€ pour l’insertion et la formation professionnelles de personnes de faible qualification, 1 M€ de soutien à la filière bois et 1 M€ pour «favoriser une promotion et une communication adaptées».

Le président socialiste de la région, Jean-Jacques Queyranne, a précisé que le dossier déposé au conseil régional «était en cours d’instruction par les services», mais qu’il devait «être revu à l’aune des éléments nouveaux avant que des fonds soient éventuellement débloqués». Pour rappel, le projet prévoit la construction d’un millier de pavillons au nord du plateau du Vercors, des restaurants et des commerces autour d’une bulle transparente maintenue à 29°C pour une piscine et un jacuzzi.

Jean-Jacques Queyranne réclame désormais la suspension des travaux auprès du préfet de région Jean-François Carenco, «dans l’attente de la décision du tribunal administratif de Grenoble suite au référé-suspension déposé contre l’arrêté de défrichement», pour laquelle l’audience est prévue le 18 décembre.

 

Avis défavorable de l’enquête publique

Le projet de Center Parcs divise les élus locaux. Certains le soutiennent au nom de retombées économiques tandis que d’autres s’y opposent, rappelant l’avis défavorable de l’enquête publique menée du 16 avril au 28 mai derniers au titre de la loi sur l’eau. Les commissaires-enquêteurs soulignent que la zone humide affectée est sous-estimée par le dossier, qui mentionne 71 hectares alors qu’entre 110 et 120 ha de zones humides seront détruits ou perdront leurs fonctionnalités. Autre point noir souligné: l’absence de précisions quant aux impacts sur la flore, les amphibiens, les poissons, les mollusques et les insectes.



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