Cela s’est passé au mois d’août

Le 22 août 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pilotes, méfiez-vous des huissiers.
Pilotes, méfiez-vous des huissiers.
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Chaque année, c’est la même chose: l’actualité suit son rythme effréné, même au mois d’août. Pour ne pas en perdre le fil, la rédaction du JDLE a sélectionné les événements majeurs de ces trois dernières semaines.

Et l’on commence par une vraie première. Le 10 août dernier, un avion de la compagnie charter Enter Air a été cloué au sol sur l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, à quelques minutes de son décollage. Sur la plate-forme aéroportuaire, un huissier, mandaté par l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa), a procédé à une saisie conservatoire de l’appareil.

Raison du litige: la compagnie polonaise n’avait payé aucune des 80 amendes qui lui avaient été infligées par l’Acnusa en 2013 et 2014. Au total, Enter Air était redevable de 1,103 million d’euros. Somme qui a fini par être réglée au fisc par le transporteur après plus de 5 heures d’immobilisation de son appareil. Forte de ce succès, l’Autorité «n’exclut donc pas d’engager cette même procédure à l’encontre d’autres compagnies aériennes», indique-t-elle dans un communiqué. Depuis sa création en 1999, l'Acnusa a instruit 7.631 dossiers et infligé 5.642 amendes à près d'un millier de compagnies aériennes pour un montant global de 45,3 M€.

La Haye au tribunal

Il ne fait décidément pas bon pour le gouvernement néerlandais de protéger l’environnement. Le 24 mai 2015, un tribunal avait condamné La Haye, en première instance, à renforcer sa politique climatique. Cette fois, il s’agit de pollution de l’air. L’association Milieudefensie group (protection de l’environnement) a engagé, le 2 août, une action judiciaire toujours contre le gouvernement des Pays-Bas, coupable à ses yeux de ne pas agir pour réduire la pollution de l’air. «Cette pollution est la cause de milliers de morts chaque année et rend des dizaines de milliers de personnes gravement malades», affirme la directrice de campagne du groupe Anne Knol, dans un communiqué.

Des camions US moins polluants

Peut-être pour éviter pareille réaction, l’administration américaine entend renforcer les normes d’efficacité énergétique des véhicules terrestres lourds. Le 16 août, l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) et le ministère des transports (DoT) ont présenté de nouvelles normes qui s’appliqueront à partir de 2027 aux camions, aux semi-remorques, aux autobus, aux grosses camionnettes et aux mobil homes mis sur le marché. Globalement, les véhicules devront émettre 25% de gaz à effet de serre en moins qu’actuellement.

Qui dit gaz à effet de serre dit climat. Un réchauffement dont les dernières nouvelles apportent leur lot de surprises. En Sibérie, 21 personnes ont contracté la maladie du charbon en étant exposées au cadavre d’un renne infecté. Le corps de l’animal était jusqu’à présent conservé dans le permafrost (sol perpétuellement gelé). Mais avec des températures supérieures à 30°C, le sol glacé du nord de la Sibérie a fondu, libérant les spores d’anthrax. Selon RIA Novosti, un garçon est mort et une centaine de personnes restent hospitalisées.

Un réchauffement sans précédent

Il est à craindre que ce type d’incident ne se reproduise. Car le réchauffement ne cesse de s’accentuer. Dans un rapport de référence qu’ils publient chaque été, 450 climatologues du monde entier dressent un état des lieux du climat mondial. Publié au début du mois, State of the climate 2015 indique qu’une série de records ont été battus, l’an passé: températures, niveau de la mer (70 millimètres de plus que la moyenne observée en 1993). Certes, certains phénomènes ont pu être accentués par les effets de El Niño. Mais certainement pas les concentrations de gaz carbonique (399 parties pour million -ppm), de protoxyde d’azote et de méthane (les trois principaux gaz à effet de serre) qui ont, elles aussi, battu des records l’an passé. 2015 a aussi été marquée par une saison des pluies plus abondante que la moyenne qui a provoqué de graves inondations.

Des sécheresses sévères ont également frappé, affectant des superficies presque deux fois plus importantes en 2015 que l'année précédente (14%, contre 8% en 2014). «Clairement, le rapport sur 2015 montre non seulement que les températures sur la planète augmentent mais que tous les symptômes qui y sont liés s'aggravent aussi», résume Thomas Karl, directeur de l'Agence nationale océanique et atmosphérique (Noaa). Avec un premier semestre qui passe, selon la Nasa, pour être le plus chaud depuis l’invention des relevés météo (+1,3°C par rapport à la moyenne du XIXe siècle), l’année 2016 devrait, elle aussi, battre tous les records climatiques.

La Banque mondiale s'élève enfin contre l'esclavage

Une évolution qui inquiète même les institutions financières. Témoin: la Banque mondiale renforce les critères environnementaux dans l’attribution de ses prêts. Le 4 août dernier, la banque de Washington a adopté de nouvelles règles environnementales et sociales qui visent à atténuer les éventuels effets néfastes de projets qu'elle finance. Ces règles, qui doivent entrer en vigueur en 2018, obligeront les Etats emprunteurs à conduire un «examen élargi des risques sociaux et environnementaux» induits par ces projets et à garantir les droits des salariés qui y sont associés, notamment en bannissant «toute forme de travail forcé». Les projets devront également «minimiser l'impact négatif sur l'environnement» et «éviter les déplacements forcés» de population.

A découvert

Et à propos de banque, ne voilà-t-y pas que nous sommes tous à découvert. C’est le résultat du calcul réalisé par Global Footprint Network. Comme chaque année, l’ONG évalue l’empreinte écologique de l’Humanité en prenant en compte ses émissions de CO2, les ressources consommées pour la pêche, l'élevage, les cultures, la construction et l'utilisation d'eau et les capacités de la planète à renouveler ces stocks ou à stocker le carbone. Résultat des courses: le 8 août dernier, nous avons, collectivement, consommé les ressources que la planète pouvait nous accorder jusqu’au 31 décembre. Notre surconsommation de ressources ne cesse donc d’augmenter. En 1970, l’overshoot day était fixé au 23 décembre; puis au 3 novembre en 1980, 13 octobre en 1990, 4 octobre en 2000, 3 septembre en 2005, 28 août en 2010.

 
Soumise à consultation à la fin du mois de juin, l’ordonnance sur l’amélioration du dialogue environnemental a été adoptée lors du conseil des ministres du 3 août.

 

La France ne manque pas d’eau. Mais certaines de ses régions, si. Dans son bulletin mensuel sur l’état des nappes, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) confirme que «plus des trois quarts des réservoirs (83%) affichent un niveau normal ou supérieur à la normale. La situation montre qu’une grande partie du territoire continue de profiter de la recharge exceptionnelle liée aux épisodes pluvieux intenses de fin mai, début juin.» En revanche, «la plus grande partie du Bassin parisien, le Nord et l’Est présentent des niveaux supérieurs à la normale». Au 22 août, 32 départements de l’Ouest, du Sud-ouest, du Sud et du Sud-est étaient soumis à des restrictions d’usage de l’eau, indique le site Propluvia du ministère de l’environnement,  

20 millions de toilettes

En Inde, on ne manque pas forcément d’or bleu, mais très souvent d’eau propre. En cause, un manque criant de stations d’assainissement d’eaux usées. Mais plus encore, de toilettes. Or les choses progressent. Le 15 août, le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé que son gouvernement avait construit plus de 20 millions de toilettes. Selon l'Unicef, près d’un Indien sur deux fait ses besoins en plein air.

fusils, tronçonneuses et bulldozers

Dans la forêt, la menace ne vient pas d’un manque de toilettes, mais des fusils, des tronçonneuses et des bulldozers. Tel pourrait être le résumé de l’article, publié le 10 août par Nature, signé de Sean Maxwell, James Watson et Richard Fuller. Pour les trois biologistes de l'Université de Queensland (Australie), les principales menaces qui pèsent sur les 8.688 espèces en danger figurant sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne sont pas (encore) les conséquences des changements climatiques, mais du prélèvement de bois, de la chasse et de l’agriculture. A quelques jours de l’ouverture du congrès de l’UICN, les chercheurs appellent donc la communauté internationale à «concentrer leurs efforts sur la surexploitation des ressources et l'intensification de l'agriculture», ces «deux ennemies de longue date.»

 

Après deux années de débats parlementaires, la loi sur la reconquête de la biodiversité a été publiée au Journal officiel du 9 août.

 

Les bois sont décidément une source de conflits entre industriels et protecteurs de l’environnement. Et particulièrement aux alentour du village de Bure, où l’Agence de la gestion des déchets radioactifs (Andra) a reçu mandat du Parlement pour construire un centre de stockage géologique. Depuis le début de l’été, des opposants à ce projet (baptisé Cigéo) tentent d’empêcher la réalisation de travaux préliminaires. La construction de cheminées d’aération du site souterrain doit se dérouler dans un bois situé sur la commune de Mandres-en-Barois, qui avait été investi par des manifestants. L’Andra a donc entrepris de l’emmurer. Le 15 août, plusieurs centaines d’opposants au chantier ont détruit une partie des panneaux en béton. Deux plaintes ont été déposées par l’Andra, l'une pour dégradation de bien, l'autre pour occupation illégale. Le 1er août, les anti-nucléaire avaient emporté la première manche judiciaire en faisant déclarer illégal le défrichement et en demandant à l'Andra de remettre le bois en état dans les 6 mois.

De la Louisiane au Burkina

Les eaux se sont montrées furieuses ces dernières semaines dans plusieurs pays. Suite à des pluies torrentielles, la région de Baton rouge (Louisiane) a connu l’une des pires inondations de son histoire. En fin de semaine dernière, les autorités dénombraient 13 victimes et 40.000 bâtiments inondés. Après un déluge de deux semaines sur l’Ethiopie, les eaux du Nil se sont rapidement gonflées au Soudan, provoquant de fortes crues et la mort d’une centaine de personnes, notamment dans la région de Kassala (Est). Le Burkina Faso a également connu de violents épisodes de pluie depuis le mois de juin. Selon un premier bilan établi le 11 août, 12 victimes sont à déplorer. 26.000 personnes ont été sinistrées et plus de 2.500 maisons détruites.

L'été a été chaud

Un été chaud étant souvent synonyme d’incendies, le millésime 2016 s’annonce excellent. La semaine passée, un gigantesque feu a ravagé le sud-est de la Californie. En une journée, le Blue Cut Fire a détruit plus de 12.000 hectares du haut désert du Mojave et reste incontrôlable malgré les efforts de plus de 1.300 pompiers. Plus de 82.500 personnes ont reçu l'ordre d'évacuer et quelque 34.500 bâtiments sont menacés. A 160 kilomètres au nord de San Francisco, région déjà durement touchée par un gigantesque incendie en 2015, les flammes terrorisent à nouveau la population. Le Clayton Fire a dévasté plus de 1.600 ha et détruit près de 200 bâtiments. Au Portugal, l’été a été très chaud aussi, notamment sur l’île de Madère. Le 10 août, un sinistre a dévasté une partie de la Perle de l’Atlantique. Trois personnes ont péri dans l'incendie de deux immeubles d'habitation et 1.000 autres ont été évacuées.

Le Portugal a activé le mécanisme européen de protection civile. Dans ce cadre, l’Espagne et l’Italie ont envoyé trois bombardiers d’eau. Le Maroc a également prêté deux Canadair. Au même moment, dans l'ensemble du Portugal continental, 4.000 hommes combattaient 160 incendies, dont 13 de grande ampleur. Hasard du calendrier, le département des Bouches-du-Rhône était ravagé par les flammes au même moment. Après plusieurs jours de lutte acharnée, les marins-pompiers estiment à plus de 3.300 ha les surfaces détruites autour de Vitrolles et de Fos-sur-Mer.



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