Cedre: une aide pour les pollutions accidentelles

Le 11 octobre 2005 par Christine Sévillano
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Lors de pollutions marines accidentelles, les autorités ou les industriels ont tendance à faire appel au Cedre s'ils sont démunis de solutions de gestion d'urgence. Mais le Cedre intervient aussi sur d'autres champs, comme la formation ou l'aide à la constitution des plans communaux de sauvegarde.

Dans le cadre de la pollution orpheline découverte sur les côtes de Gironde et générée par un navire le 24 septembre dernier, les autorités ont fait appel au Centre de documentation de recherches et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre) afin de déterminer la nature de la substance retrouvée. L'organisme a dépêché 2 ingénieurs sur le terrain pour prélever des échantillons de polluants. Pour le moment, les analyses n'ont pu révéler la nature du produit, même si des suspicions faisaient pencher pour du noir de carbone, hypothèse désormais écartée. Le Cedre poursuit ses recherches en partenariat avec 2 laboratoires et un fabricant de noir de carbone. «Nous ne disposons pas de tous les modes opératoires. Il semble que ce soit une poudre de charbon, mais de toute façon ce n'est pas un produit dangereux, sinon nous l'aurions identifié», explique Christophe Rousseau, l'adjoint au directeur du Cedre. L'organisme est en effet un expert des polluants marins et plus particulièrement des produits chimiques et pétroliers et ce autant sur les mers que sur les cours d'eau.

Le Cedre, qui dispose d'une astreinte 24 heures sur 24, répond aux demandes de l'administration, des pompiers, des élus, des industriels français voire des étrangers. Sa mission principale: identifier les produits chimiques qui posent problème et donner les moyens d'intervenir dans l'urgence, dans un premier temps par téléphone, puis sur place en cas de besoin. Il peut assister ses interlocuteurs dans la définition d'une stratégie de lutte ou former du personnel. «Nous apportons surtout notre expertise pour une meilleure appréciation du problème», poursuit Christophe Rousseau. Le Cedre peut également activer le modèle de prévention de dérive, qu'il forge grâce à son partenariat avec Météo France pour donner des informations sur la localisation et l'évolution du déplacement d'un conteneur ou d'une nappe. «Retrouver un conteneur à la dérive fait partie de nos missions pour la Marine, car s'il se trouve sur un axe maritime fréquenté et en fonction de la nature du produit, cela peut être dangereux pour la sécurité des navires mais aussi de l'environnement », affirme l'adjoint.

Concernant les pollutions volontaires, le Cedre peut conseiller ou non de traiter une nappe, toujours à la demande des autorités. Dans de nombreux cas, il s'agit d'irisations, des couches de polluants très minces d'hydrocarbures, et le Cedre assure qu'il n'est pas nécessaire de mettre en oeuvre des moyens de dépollution: «La plupart du temps, il s'agit de quelques centaines de litres qui se dispersent avant même s'arriver sur les côtes», constate Christophe Rousseau. Le Cedre intervient aussi dans le cadre de contrats d'assistance signés avec des entreprises privées, notamment de transports de produits pétroliers et chimiques, ou pour des industriels dans le cadre d'études de risques ou de mises à jour des plans d'intervention maritimes. L'assistance du Cedre peut également comprendre la restauration des sites, avec un éventuel traitement botanique pour une reconstitution de la faune et de la flore qui ont pu être contaminées par une pollution.

Le Cedre est de plus en plus sollicité par les collectivités locales, notamment dans le cadre de la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004 pour laquelle 3 décrets ont été publiés le 15 septembre 2005. Ainsi le plan communal de sauvegarde doit prendre en compte l'organisation des élus pour assurer l'alerte, l'information, la protection et le soutien de la population face aux risques connus. Obligatoire pour les communes dotées d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, le plan doit comporter un recensement et une analyse des risques à l'échelle des communes, des informations sur les actes de prévention et un complément des plans Orsec. Certaines communes littorales présentent en effet des risques de pollutions maritimes, que ce soit par une forte présence industrielle comme au Havre ou à Marseille ou des pollutions orphelines.

L'action du Cedre va donc de l'urgence jusqu'au retour de la normale et ce autant pour les eaux maritimes que pour les rivières et les cours d'eau. Mais sur les 175 interventions téléphoniques ou physiques en 2004, soit une forte hausse par rapport aux 75 interventions de l'année 2000, la majorité des demandes a porté sur les mers et sur les hydrocarbures, notamment en raison de l'absence de couleur des produits chimiques. Seules les nappes phréatiques et les eaux souterraines sortent de son champ d'intervention, sauf s'il s'agit d'une urgence, puisque le Bureau des ressources géologiques et minières (BRGM) est compétent pour suivre les travaux de dépollution. Des différences notables existent entre la pollution des cours d'eau et des mers, ne serait-ce que la cinétique, les hydrocarbures se répandant plus vite dans les rivières. Les interventions du Cedre sur les eaux intérieures devraient se multiplier dans les années à venir. «Comme nous formons de plus en plus les services de secours, ils nous connaissent mieux et font davantage appel à nous», conclut Christophe Rousseau.




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