Ce qui freine les éoliennes

Le 29 octobre 2007 par Agnès Ginestet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

France énergie éolienne (FEE) est optimiste quant à la progression de la puissance installée en France. Ses membres sont toutefois confrontés à des lenteurs administratives, des obstacles techniques et des oppositions de la part de riverains et d’associations.

9 français sur 10 favorables à l'énergie éolienne (1) et le Conseil européen proposant un objectif de 20% d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique européenne d'ici 2020: les conditions semblent réunies pour que l'éolien se développe en France, alors que le pays ne compte aujourd'hui que 2.000 mégawatts (MW) de puissance installée, contre environ 22.000 MW en Allemagne.

FEE regroupe plus de 180 professionnels de l'éolien (développeurs, producteurs…). Interrogés par des journalistes le 16 octobre, quatre de ses administrateurs regrettent la lenteur des procédures aboutissant à l'exploitation d'éoliennes en France: il faut parfois trois ans pour obtenir toutes les autorisations nécessaires. Pour Jean-Yves Grandidier, président de FEE, «il serait souhaitable de fixer un délai de 6 mois pour l'obtention d'une zone de développement de l'éolien (ZDE) et de 9 mois pour un permis de construire, délais au-delà desquels, sans réponse de l'administration concernée, les autorisations seraient réputées accordées tacitement». Un problème d'ordre technique empêche aussi certains projets de se développer. En effet, FEE estime qu'actuellement, des permis ont été refusés ou sont encore en instruction pour l'équivalent de 2.200 MW, pour cause de perturbation de radars militaires et de Météo France.

Sur le terrain, FEE dit rencontrer des élus des zones rurales enthousiastes. «Ils nous reçoivent à bras ouverts car ils savent que c'est une énergie qui permet d'aménager le territoire. Ils préfèrent des éoliennes chez eux plutôt que chez leurs voisins», a indiqué Jean-Michel Germa, créateur de la Compagnie du vent. Selon FEE, l'éolien apporte de nombreux avantages à une commune, comme le versement d'une taxe professionnelle de 120.000 à 150.000 euros et d'un loyer de 15.000 à 20.000 euros par an pour un parc éolien de 12 à 15 MW de puissance installée.

Toutefois, des associations de protection de l'environnement et des riverains mettent parfois en avant le bruit et une mauvaise insertion paysagère. D'après Fabrice Cassin, avocat et administrateur de FEE, un tiers des permis ont fait l'objet d'un recours contentieux entre 2004 et 2006, dont 10% ont été annulés. Les acteurs de l'éolien souhaitent d'ailleurs la création d'un comité national éolien, «car nous voyons que les préfets ont souvent du mal à arbitrer en fonction d'enjeux contradictoires», a précisé Jean-Yves Grandidier.

FEE reste pourtant très optimiste quant au développement de l'éolien, et voit bien la France atteindre les 7.300 MW de puissance installée d'ici 2010, puis l'augmenter d'environ 2.000 MW par an. Le syndicat des énergies renouvelables (SER) a d'ailleurs proposé dans le cadre du Grenelle de faire évoluer de 12 à 25% la part des énergies renouvelables dans la consommation électrique française.



(1) Selon un sondage de 2003 réalisé pour l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), ainsi qu'un sondage réalisé par LH2/France énergie éolienne en septembre 2007




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus